mardi 29 mars 2011

Ecotrail de Paris, 83km

Base de loisirs de St-Quentin-en-Yvelines. En ce samedi 26 mars 2011, à midi trente, je suis un coureur parmi 1800 autres coureurs massés derrière l’arche bleue qui matérialise le point de départ de la quatrième édition de l’Ecotrail. La présence de Sarah, Romain, Elodie et Flora, accompagnateurs et photographe officiels, me rendent l’attente moins angoissante. L’attente de quoi ? L’attente d’un ultra trail de 83 kilomètres, 10 heures de course à pied, 1500m de montées annoncés. La minute de silence à la mémoire des Japonais sinistrés, les applaudissements mérités aux nombreux bénévoles et les ultimes recommandations des organisateurs ne m’empêchent pas de m’interroger. Est-ce bien raisonnable ? Suis-je prêt ? Ai-je mangé suffisamment de pâtes et de riz ces derniers jours ? N’ai-je pas mésestimé ce que j’ai prévu d’emporter tant en liquide qu’en solide ? Mon équipe de suivi saura-t-elle trouver les points de ravitaillements et être prête à mon passage ?
La Team : Flora, Elo, Sarah et Romain

Assez de questions, les réponses sont évidentes : plus de 500 km d’entraînement depuis janvier, des pâtes ou du riz (voire les deux) à chaque repas depuis mardi, une équipe du crû munie d’un road book précis sont là pour me rassurer. Sauf pépin, duquel personne n’est à l’abri, je devrais pouvoir rallier le premier étage de la Tour Eiffel.




De la base de loisirs (km 0) à Buc (km 22)

Quelques secondes après avoir laissé partir une personne non voyante et son guide, le coup de feu est donné. Ma tendance naturelle et les conseils que j’ai pu glaner à droite et à gauche de mes différentes lectures sur ce trail me conduisent à adopter une allure tranquille sur cette première portion. Mon idée est de courir à 10 km/h jusqu’à Buc. Buc où le ravitaillement est placé dans une école ; Buc où Charles, que je n’ai pas vu depuis 18 mois, doit me rejoindre depuis Athis-Mons à vélo et retrouver Sarah et Romain, Elodie devant rentrer à Rambouillet coucher Flora !
On repasse par la case départ !

Les premiers kilomètres sont plats, vraiment plats. Une pause pipi s’impose et ce sont les canards de l’Etang de la base de loisirs de St-Quentin qui en paieront le prix… Le peloton est compact, dense, sur des sentiers peu larges. Pas grave, je n’ai pas l’intention de m’enflammer maintenant. Après un petit tour près des berges du lac, on repasse quasiment devant la ligne de départ et mon équipe, un peu surprise, est là. Les premiers encouragements sont déjà réconfortants.

Les premiers retours de mon Polar le sont tout autant : ma fréquence cardiaque est stable et, surtout, les relevés chronométriques que j’ai planifiés tous les cinq kilomètres me mettent en confiance. Je cours à 10 km/h précises ! Nous longeons de nombreuses pièces d’eau sur des sentiers très confortables. Plusieurs passages en milieu urbain, entre des barres d’immeubles et sur des passerelles rendent l’atmosphère assez surprenante. La plupart des gens que l’on croise montrent leur étonnement mais l’accueil, un peu distant, n’est pas hostile pour autant.


Quant aux parties « nature », elles ressemblent à l’idée que je m’en étais faite : de larges sentiers peu piégeux dans de belles forêts encore dénudées. Je prends quelques photos, je tiens mon rythme, j’accélère un peu dans les faux plats descendants, je ne m’enflamme pas dans les courtes montées et me voilà en vue de Buc. Ma seule crainte est maintenant de rater Sarah, Romain et Charles. Mais dans l’ultime descente de cette première étape, quelqu’un m’interpelle : « Samy ! » C’est Charles, à vélo, en casque. Je lui envoie un grand sourire. Il se colle à mes côtés et nous commençons à deviser, moi courant, lui roulant. Il a appelé ma sœur, tout va bien, ils m’attendent à l’école. Lui a eu peur de ne pas me reconnaître mais, de loin, il avoue avoir retrouvé mon « allure » et, malgré ma barbe (qui me vaudra plus loin des « allez Chabal ! »), m’a tout de suite remis. Depuis Athis-Mons, il a parcouru 37 km et m’attends depuis une bonne demi-heure. Je lui confie que je me sens bien et que j’ai l’impression d’en avoir sous la pédale.

Arrivée à Buc

Là-dessus, je franchis le premier point de contrôle. Cela fait 2h14’ que je cours ; je suis 953ème (mais je ne le sais pas !). Sarah et Romain se sont parfaitement bien placés pour me ravitailler. Je prends les gels, remplis ma poche à eau, mange un bout de cracker salé et bois beaucoup de St-Yorre. Il fait chaud et j’ai besoin de m’hydrater mais aussi de faire disparaître le goût de sucré qui commence à me saturer la bouche.

Romain, Sarah et Charles à Buc

Après avoir pris une photo de groupe, je laisse tout le monde là et repars pour la partie la plus longue : plus de 33 km sans ravitaillement, sans supporters et avec pour seul but celui de rallier Chaville sans y laisser toutes mes forces.

De Buc (km 22) à Chaville (km 56)

On nous avait prévenus. C’est d’abord la partie la plus longue. Elle est également la plus « accidentée ». Et sera celle qui me réservera une belle averse.

En repartant de Buc, je me sens aussi mal que possible. Mon sac est lourd. Les deux litres de boisson que j’emporte me pèsent deux tonnes. Le sac est inconfortable. Les jambes sont dures. Et le cardio s’emballe. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Le relief est moins roulant certes mais pas au point d’emballer la machine autant… J’essaie d’avaler un gel. Il passe mais c’est difficile. Il fait chaud, trop chaud et les premiers grondements de tonnerre se font entendre au loin. Je suis incapable d’en déterminer la provenance, nord, sud, est, ouest, le soleil est caché et les tours et détours dans les forêts franciliennes m’ont désorienté.

Les bosses se succèdent moins régulièrement que sur le profil de la course. Je reste scotché dans un peloton dont les coureurs se dépassent tous à tour de rôle.

Ma vitesse décroît franchement pour descendre aux environ de 8 minutes par kilomètre. Je ne souffre pas excessivement mais mes pieds me font mal et les genoux tirent…

L'Observatoire

Et il fait toujours aussi chaud. Encore quelques roulements de tonnerre et les premières gouttelettes tombent. Nous venons de passer le 40ème kilomètre. Il reste un marathon à courir. Une bagatelle !
A ce moment, quelque chose de miraculeux se déclenche. Mes douleurs disparaissent et je me mets à imprimer un rythme plus élevé que dans ces 15 derniers kilomètres. Le parcours n’est pourtant pas plus roulant. Je remarque un coureur qui me dépasse sur le plat, que je rattrape systématiquement dans les montées. On reste ainsi jusqu’à l’observatoire de Meudon, superbe bâtiment. A l’occasion d’un énième dépassement, je l’interpelle : « tu cours par à-coups toi ! » Il me réponds : « ah non, c’est toi, tu cours dans les montées… » C’est l’occasion : enfin un coureur avec qui discuter et avec lequel il semble possible de rester. C’est comme ça que nous traversons le parc de Meudon où un contrôle des équipements obligatoires, au kilomètre 48, est effectué à l’occasion du pointage. Les bénévoles vérifient que nous avons bien la frontale (je me rends alors compte qu’il est plus de 18h et que la nuit tombe), le brassard réfléchissant et la couverture de survie.

La formalité accomplie, je repars lentement pour attendre mon compagnon. Nous poursuivons la course sur un bon rythme. Notre sentiment est identique : nous avons bien l’impression de dépasser une flopée de coureurs et ne sommes rattrapés par quasiment personne. Que cette sensation est excitante !

Et, soudainement, l’averse redoutée nous tombe dessus. Il fallait s’y attendre, le tonnerre nous y avait préparés. La pluie est forte, très forte. En peu de temps, je suis rincé ! Je glisse à mon collègue : « j’enfile ma veste. » Je m’arrête sur le côté, sors la Salomon du sac et passe mon vêtement. Je me retrouve seul mais qu’importe les jambes répondent. Je continue de courir sans me poser de questions mais sans puiser trop dans les réserves.

La pluie persiste à tomber et a paradoxalement un effet revigorant sur mon métabolisme. Rien à dire, cela confirme que les conditions de chaleur ne sont pas faites pour moi. Je peux maintenant mieux me ravitailler et boire. L’averse se calme et une petite pluie fine la remplace. J'ai rangé mon appareil photo. Qu’importe, la température a sacrément diminué et c’est tant mieux. Quel bonheur de sentir que le corps répond à l’esprit et que la tête se reprend à rêver d’une fin de course moins difficile que ne l’ont été ces quinze bornes entre Buc et Meudon.

Huit kilomètres après Meudon, c’est le ravitaillement de Chaville. Chaville que l’on atteint après un long faux-plat montant. Et, toujours en jambes, c’est en courant et en dépassant nombre de coureurs que je retrouve enfin mes accompagnateurs. Romain me reconnaît au dernier moment. Il pensait me voir arriver en blanc, c’est en rouge que j’apparais. Il appelle Sarah et Kévin, qui les a rejoints. Je leur dis que je passe le pointage avant de faire la pause.

Une fois arrêté, nous discutons de la course. Je leur fais un topo sur cette portion. Kévin me dis que j’ai effectué une sacrée remontée. « Ah bon ? ». J’avais bien conscience de faire une belle seconde partie sur cette portion mais les chiffres en témoignent. Pointé au-delà de la 900ème place à Buc, Kévin m’annonce une moins-que-700ème-place à Meudon. Un coup de fil à notre mère, branchée sur Internet, vient enfoncer le clou. Je suis désormais aux alentours de la 590ème place. Je n’en reviens pas.


Ravitaillement

Il est 19h et j’ai mis 4h15 pour parcourir ces 34 km. Je refais le plein de liquide et de gels mais ne mange rien. Je ne veux surtout pas contrarier mon estomac, tout va bien !

De Chaville (km 56) à Sèvres (km 72)
Seize kilomètres entre ces deux points. En soi, 16 km, c’est quoi ? Une bonne séance de seuil ? Une petite sortie longue ? Eh bien pas sur l’Ecotrail. Sur l’Ecotrail, 16 km représentent un nouveau petit défi. Car courir 16 km après en avoir couvert 56 ce n’est pas rien. Ce n’est pas une séance de seuil ni une sortie longue. Ou alors c’est une sortie qui devient vraiment très longue.
En tout cas, après cinq minutes de pause, je reprends ma route, de nouveau seul. Quelques kilomètres dans les bois puis nous traversons Chaville. A ce moment, je suis interpelé par un coureur, derrière moi : « Tu as fait le trail des Citadelles ?
-         Oui.
-         Je suis Ariégeois. J’ai vu ton buff !
-         Ah oui. Moi je suis à Toulouse mais pas de la région.
-         Je connais le gars qui l’organise ce trail.
-         Ah ouais, c’est qui ?
-         Michel Arnaud.
-         Oui, je vois qui c’est, je l’ai croisé plusieurs fois sur les trails du challenge du sud-ouest. Le trail des Citadelles, j’y ai participé deux fois : sur le 20 km en 2009 et le 40 l’année dernière. Je voulais faire le 73 cette année, mais avec l’Ecotrail dans les pattes ce ne serait pas raisonnable.
-         Tu as raison, moi je l’ai fait quatre fois, chaque fois le 40. »

Et voilà donc que nous devisons sur les trails du sud-ouest, l’Ariège et les Pyrénées mais aussi la Saintélyon et du trail en général. L’entente est réciproque et c’est sans se concerter davantage que nous décidons de poursuivre la route ensemble. La plupart du temps nous courons. La nuit est déjà bien tombée et les nuages ajoutant à l’ambiance, il fait noir. Une à une, notre petit peloton grignote des places.
Mon Polar se met à sonner : « Ca veut dire que ta fréquence cardiaque est bonne ?
-         Non. Ca signifie que nous en sommes au 60ème km. »

Je lui explique que j’ai calé une alerte tous les 5 km.

Régulièrement nous enclenchons le mode marche afin de nous économiser des forces. Notre petite équipe est également efficace pour repérer les rubalises réfléchissantes. On ne s’égare pas. Les pièges n’étaient de toute façon pas là, mais au sol. Soudainement je bute contre une souche et m’affale de tout mon long. Pas d’ecchymoses ni de plaies, mais la douleur au bout des pieds est violente. Je tente de me dire que ce n’est que temporaire et essaie d’ignorer l’élancement que je ressens.

Et cela finit par disparaître. Preuve que tout va toujours bien sur cette partie. N’empêche, avec Matthieu (je saurais son nom à l’arrivée), nous subissons aussi quelques passages plus difficiles. Les quelques cotes, pourtant brèves, nous semblent de plus en plus infranchissables, nous apparaissent comme des murs.

Mon Polar bipe de nouveau. « 70ème kilomètre ?
-         Non, c’est le 65ème…
-         Pu#$@ù ! »

Le ravitaillement ne se rapproche jamais. Mais nous insistons. Nous essayons de courir le plus possible, sans nous enflammer mais en repoussant plus loin notre envie de nous remettre à marcher. Toujours quelques gouttes de pluie. Toujours aussi sombre. Paris ne nous tend pas encore ses bras alors que nous sommes à sa porte, dans le parc de Saint-Cloud. Mon Polar nous annonce le 70ème kilomètre. Encore deux bornes avant le ravitaillement. Soit un bon gros quart d’heure.

Et là, alors que nous perdons toute notion du temps et de distance, alors que nous pensions avoir encore un kilomètre à parcourir, le bruit d’un groupe électrogène nous met du baume au cœur ! C’est le ravitaillement tant attendu. Quand on y pense, quel paradoxe que ce soit un générateur d’électricité qui nous apporte la joie quand l’on court un éco-trail !

Je retrouve alors Sarah, Romain et Kévin. Romain shoote, Sarah ravitaille, Kévin donne les nouvelles : j’ai encore effectué une belle remontée au classement. Je me place aux environs de la 430ème place. C’est inespéré. Je leur raconte alors mon entente avec Matthieu qui est parti au niveau des stands pour se ravitailler. Et pendant que je recharge les batteries, ils me disent que ça n’a pas été facile pour eux d’atteindre ce point de ravitaillement dans le noir et qu’à un moment ils ont bien pensé ne pas être à l’heure pour me voir passer. Il est vrai qu’il y a beaucoup moins de public ici.

Dans l'attente du classement provisoire...

Il est plus de 21h à ce moment et je me débats dans cette épreuve depuis maintenant 8h34. Il reste 10 km à parcourir, les plus longs, les plus durs certainement. Je ne le sais pas, je ne suis jamais allé aussi loin. En tout cas, en repartant, je lance à mon équipe : « Bon bah rendez-vous à la Tour Eiffel maintenant ! » Les encouragements que je reçois en retour me donnent un surcroît d’énergie !

Du Parc de Saint-Cloud (km 73) au premier étage de la Tour Eiffel (km 83)

Je reprends donc la route. Au passage, je vois Matthieu affairé à un stand.
« Tu repars ?
-         Non, je dois encore remplir mon camel. Vas-y, bonne course !
-         Bonne fin de course à toi aussi. Je pense que tu vas me rattraper, tu es plus frais. »

Me voilà donc reparti seul avec en tête une détermination exacerbée. Depuis plus de trente kilomètres, je reprends un à un des coureurs sans me faire trop dépasser. J’ai réussi à courir et relancer davantage que d’autres. Je dois donc être capable de rallier cette satanée Dame de Fer dans de relatives bonnes conditions.

Mais la route vers la Tour est semée d’embûches. Dès la sortie du point de contrôle, je ne sais où il faut aller. Les piles de ma frontale sont faibles, j’aurais dû les changer avant le départ. Comme moi elles ont fait la Saintélyon mais contrairement à moi elles ne se sont pas rechargées !

Je vois un bénévole et lui demande le chemin, inquiet et brusquement. « C’est par où ? » L’enveloppe de la nuit est si sombre dans ce parc que j’ai peur de me perdre. Ce serait trop bête. Mais le bénévole me montre la voie. C’est en descente. Kévin m’avait prévenu et il avait raison. Je me mets en mode économie de foulée mais parviens à rattraper quelques concurrents. La sortie du parc est comme une délivrance. Enfin de la lumière, enfin du public. La fatigue, déjà bien envahissante, a fini par me gagner. La solitude est là également et ma foulée se contracte, se détériore, hoquète mais je ne marche toujours pas. Je reconnais là bien des lieux que j’ai déjà arpentés. Les trottoirs parisiens sont en terre ou pavés. Les quais n’ont rien d’urbain mais qu’importe. Chaque pas me rapproche de l’arrivée et j’ai beau marcher par moments, je cours, lentement la plupart du temps. Je ne fixe plus mon chrono. Je regarde droit devant, vers la Tour qui grandit minute après minute, lorsqu’elle ne disparaît pas derrière d’autres bâtiments.

De rares badauds m’encouragent mais point de foule en délire… La statue de la Liberté, l’île des Cygnes puis le parvis de la Tour. Enfin des spectateurs qui nous encouragent. J’allonge ma foulée, rattrape puis dépasse un coureur. Au pied du pilier, on me tâte le sac et on me donne un ticket pour monter les marches que j’attaque en courant. Un autre coureur que je dépasse me lance un « quelle forme ! ». Mais rapidement je reprends la marche. Deux autres concurrents sont juste devant mais je n’ai pas envie, pas la force, de les reprendre. Enfin l’arrivée, c’est fait, je passe en marchant.

9h56’57’’ de course. Je récupère mon tee-shirt finisher, d’un superbe rouge. J’enfile un verre de pepsi, un deuxième et là, le coureur avec qui j’ai parcouru quelques kilomètres vers Meudon me retrouve. Il a fini 2 minutes devant. Il est aussi de Toulouse ! Comme il dit, nous étions faits pour nous rencontrer. Puis Matthieu à son tour en termine. On se remercie mutuellement et on promet de se croiser un jour sur les sentiers ariégois.

A l'arrivée

Kévin, Sarah et Romain déboulent à ce moment ! Je ne pensais pas qu’ils pourraient monter jusqu’à l’arrivée. On s’embrasse, je les remercie de leur aide, ils me félicitent. Des photos, une petite bière et je me change. Pour repartir, on prendra… l’ascenseur !

L’aventure est terminée. Elle fut belle et se termine avec le sentiment d’avoir mené à bien un projet un peu inconnu en terrain connu.

Un grand merci à tous, et particulièrement à mes accompagnateurs sans lesquels je n’aurais pas pu faire aussi bien, à Charles pour être venu me voir passer à Buc, à tous ceux qui m’ont « suivi » sur le site live de la course, à ceux qui m’ont écrit (ils se reconnaîtront). J’ai reçu vos encouragements, ils m’ont porté.

Toute l'équipe !



Mon Ecotrail en chiffres
  • 83 kilomètres (plus ou moins…)
  • 1500 m de D+ (plus ou moins…)
  • 9h56’57’’ de course
  • 8,33 km/h de moyenne
  • 15 minutes de pause.
  • 10 gels plus ou moins bien avalés (2 anti-oxydants, 3 energix sucrés, 2 energix salés, 2 coups de fouet, 1 red tonic sprint air)
  • 5 litres de boisson énergétique et 1 litre de St-Yorre ingurgités
  • 1 chute à cause de la gravité mais sans gravité
  • Et un étage de Tour Eiffel gravi en 3’25’’ ! 

Quelques photos
 (Les photos sont de Sarah et moi. J'attends celles de Romain !)
 
Flora et son tonton

Concentré, mais souriant

Les derniers conseils de la Team

Quelle star !

Peu avant la gare de St-Quentin

Etang du Val-dOr
Charles me file un coup de main

St-Yorre, j'adore !

On reprend des forces

Et on discute un peu !

Quelques monotraces en montées...

...et en descente...

...et encore en montée.

L'arrivée à l'Observatoire de Meudon

L'Observatoire
Au-dessus de Paris
Tout va bien !

Qu'elle est belle, cette Tour !

Non ?
Mais si, mais si !
Yep !


Le profil du parcours




samedi 12 mars 2011

Sortie longue à Bourg-de-Bigorre

Voici là quelques images de ma sortie longue à Bourg-de-Bigorre, en Hautes-Pyrénées, effectuée le 11 mars. Dernière séance de ce type en vue de l'Ecotrail de Paris, j'avais prévu 2h35 dont 4 x 20' à 75/80% de ma FCmax en cote.
Le coin est vraiment joli avec une vue sur le Pic du Midi de Bigorre mais également sur la plaine.

Qu'on en juge !

Le point de départ :


La montée (annoncée à 40 % !) :


 

La vue sur le chateau de Mauvezin et les collines environnantes :




La vue sur les Pyrénées :


lundi 7 mars 2011

Trail du massif de Fontfroide, 23 km, 810mD+, Narbonne


En ce dimanche 6 mars, je me suis finalement décidé à aller courir le trail du massif de Fontfroide. Je dis "finalement" car j'hésitais entre le 10 km de Blagnac, le duathlon de Castelnaudary et ce trail. Dans l'optique de l'Ecotrail de Paris (dans 3 semaines maintenant...), le choix du trail de Fontfroide m'a paru plus judicieux pour plusieurs raisons. D'abord en terme de distance, il me faut faire des kilomètres ; ensuite en terme de dénivelé, j'ai besoin de grimper ; également pour tester en compétition l'hydratation d'Effinov' ; et enfin mentalement, ce trail me semblait bien placé pour garder un peu de pression et produire un effort suffisamment long mais pas trop (éviter la fatigue...) pour travailler mon endurance mentale.
Ceci dit, je me présente sur la ligne de départ dans des conditions très moyennes. La veille m'avait vu effectuer une séance au seuil dans de mauvaises dispositions et l'échauffement d'avant-course ne me laissait rien augurer de bon.

Du retard à l'allumage
Au coup de feu je pars donc tranquillement. Mais je suis vite dans la nasse. Il y a beaucoup de participants et c'est très difficile de dépasser malgré les pistes que l'on emprunte en ce début de parcours. Le rythme est trop lent pour moi alors j'essaye de me sortir du guêpier tant bien que mal. Heureusement, le peloton s'étire et à la faveur des premières montées vers Mourel Redon, je remonte petit à petit de nombreux coureurs.

La combe d'Enfer
Très vite, nous quittons les pistes pour attaquer quelques parties plus techniques. Je me sens bien, paradoxalement, alors que je viens de parcourir toute la montée en courant. Je continue toujours sur le même rythme avant la combe d'Enfer.Un bénévole nous prévient : "attention, sur 800m, c'est du rocher !" En effet, nous sommes un petit peloton à la queue-leu-leu. Il est impossible de dépasser sauf si le coureur devant s'écarte. A ce moment, je suis 128ème. En partie déçu, car j'ai l'impression de bien courir, je me rappelle que je suis très mal parti et que j'ai perdu un temps fou dans les premiers kilomètres à essayer de dépasser du monde.
N'empêche, je finis par prendre la tête de ce petit peloton et me détache légèrement. C'est très technique, très inconfortable, mais superbe. La végétation nous entoure, le rocher nous dicte le rythme. J'apprécie vraiment l'endroit malgré sa dureté.

Les pistes après la combe d'Enfer

A fond vers l'Abbaye de Fontfroide
Cette portion achevée, nous récupérons les pistes du massif. Nous passons sous le Roc de Fonfroide, celui des Nau et trouvons le Chemin du Communal. C'est très roulant. Malgré des cuisses un peu dures, je décide de prendre un rythme assez élevé. C'est le bon choix : avant d'arriver à Fontfroide, je dépasse plus d'une quinzaine de coureurs en en suivant un qui me sert de lièvre !
A ce moment, mes sensations sont vraiment bonnes. Je prends une photo de l'Abbaye, superbe monument.

L'Abbaye de Fontfroide


La Croix de Fontfroide
L'ascension de la Croix de Fontfroide constitue la suite du programme. Nous passons le ravitaillement où je me restaure d'un verre de coca, d'un morceau de pain d'épices, d'un carré de chocolat et d'un bout de banane. Les bénévoles nous annoncent encore 10 km.

Peu après le ravitaillement, la Tour ruinée
Arrive alors la rude montée vers la Croix. Nous croisons les concurrents qui en descendent mais sans nous accrocher ni être gênés les uns par les autres. Rien à voir ici avec l'aller-retour au château de Montségur depuis le col sur le Trail des Citadelles. La grimpette me rassure par le fait que je croise beaucoup de coureurs : les écarts sont faibles et je peux encore remonter quelques places. Mais je n'ai pas de jus. Les cuisses se font vraiment sentir, je n'arrive pas à accélérer. Heureusement, c'est bref. Un rapide petit tour au sommet permettant à l'organisation de recenser le passage de tous les concurrents et l'on redescend. J'aurai mesuré en tout et pour tout 600m de distance sur cette portion en double-sens ! Il reste alors environ 8 km à parcourir.

Derniers mètres avant la Croix. Beau chemin...


Le début de la fin
La dernière partie de ce trail, une fois la Croix de Fontfroide ascensionnée, commence par ce que j'appellerais tout simplement un "mur". Il s'agit d'une pente, qui tire droit vers la crête, le Milliou.

Le mur !

C'est un coupe-feu, mais il faut y aller. Le terrain est de plus assez glissant. Je discute quand même avec un coureur qui finit par me dépasser de quelques mètres. J'embraye dans sa foulée dès la difficulté passée, redescends avec lui puis continue de le suivre sur des portions plus tranquilles et plus roulantes. Il prend doucement une trentaine de mètres d'avance et je le vois continuer à suivre la piste alors que les rubalises rouges et blanches nous dirigent plein pot sur une belle montée en sentier (la dernière !) vers un réservoir. Je le hèle et lui dis qu'il se plante. Il rebrousse chemin et reprend donc la bonne trace.

Les derniers kilomètres annoncent un calme relatif

Cette ultime véritable difficulté passée, la suite n'est que piste et sentier sans trop de dénivelée. Je suis seul mais me fais rattraper par un coureur, puis celui que j'ai remis sur les rails. Ces deux-là me dépassent mais j'essaye de les suivre.

Les deux derniers kilomètres
Au niveau du poste-gaz, notre petit groupe de trois coureurs croise quelques finishers venus se décrasser. Ils nous encouragent et nous assurent qu'il s'agit du dernier kilomètre. Il en restera deux, mais qu'importe. Je garde mon petit rythme et nous dépassons plusieurs gars qui semblent peiner sur ces ultimes hectomètres. J'en compte au moins quatre pour ma part, sans me faire dépasser.

Bilan
Je clos ce trail en 2h20'15". Un sac nous est remis à l'arrivée. La bonne surprise étant qu'il contient un sandwich beurre-jambon et une bouteille de vin... Mmmhhhh.
Très beau trail, très bien et très simplement organisé. Bravo. Le parcours est varié et j'ai énormément apprécié l'infime pourcentage de bitume. Le passage aux alentours de l'abbaye restera un grand souvenir de trail.
Côté classement : 113è/361

Seul point noir : l'intérieur de ma chaussure droite s'est fait perforer par une pierre bien aigüe...

lundi 28 février 2011

Bilan mensuel : février 2011

Bilan course à pied de ce mois de février :
  • 4 séances VMA : 2/02 (9,8 km), 7/02 (9,9 km), 16/02 (10 km), 28/02 (10,3 km)
  • 5 séances endurance : 1/02 (1h - 10,5 km), 9/02 (1h10 - 11,8 km), 15/02 (1h10 - 12,6 km), 23/02 (45' - 8,2 km), 27/02 (1h - 11,3 km)
  • 3 sorties seuil : 5/02 (40' + 3*9' R2' + RAC 10' - 14,6 km), 13/01 (40' + 4*9' R2' + RAC 10' - 17 km), 18/02 (30' + 3*8' R2' + RAC 10' - 13 km)
  • 2 sorties longues : 4/02 (Bruniquel - 2h04 - 18,4 km - 570m D+), 11/02 (Bruniquel - 2h04' - 19 km - 570m D+)
  • 1 sortie vélo : 1h57 (50,3 km - 250m D+)
  • Compétition : Trail des Gariottes (voir mon résumé par ailleurs)
    Total :
    • 16 sorties (dont une compétition et une sortie vélo)
    • 210 km (dont 34 en compétition) + 50,3 km de vélo
    • 17h24' d'entraînement, 3h18 de compétition, 1h57 de vélo soit 22h35'
    • 10,1 km/h en entraînement
    • 1650m D+ (càp)
      En résumé :

      Ce mois de février était celui de la montée en puissance. Je n'ai pas eu à me plaindre. J'ai pu effectuer toutes les sorties que j'ai prévues et ai participé à une compétition, le trail des Gariottes, 34 km, 500m D+ à Lalbenque. Il s'est très bien passé ; sans trop forcer je finis le circuit en 3h18 à la 8ème place sur 16 ! Je suis même 3ème sénior...
      Ce que je retiens de ce mois, c'est une amélioration sensible de mes temps et une baisse de ma fréquence cardiaque.
      Tout va bien.


      Pour mars :

      Evidemment, mars sera le mois de mon premier objectif de l'année, l'Ecotrail 80 km qui aura lieu le 26. En attendant, je participerai au Trail du massif de Fontfroide à Narbonne, 24 km et 800m D+, le 6 mars.
      Côté entraînement, toujours de la VMA et du seuil.
      A noter que je compte effectuer une grosse semaine d'entraînement du 7 au 14 (5 à 6 sorties prévues dont une longue sortie longue).

      mardi 22 février 2011

      Trail des Gariottes, 34 km 500m D+, Fontanes (Lalbenque, 46)

      Le trail des gariottes s'est couru à Fontanes, Lalbenque, dans le Lot, ce dimanche 20 février 2011.

      Alors, d'abord, une gariotte, qu'est-ce que c'est ? Selon le dictionnaire Wikipédia, il s'agit d'une d'une cabane de pierres sèches qui servait au vigneron, au pâtre ou au berger à se protéger des intempéries. Et quelle différence avec une cazelle ? Eh bien la cazelle, toujours selon le dictionnaire Wikipédia, serait une cabane de pierres sèches qui servait au vigneron, au pâtre ou au berger à se protéger des intempéries. Bref, aucune différence... Enfin, si l'on gratte un peu, on peut en trouver une : la gariotte est certes un abri mais un abri prenant appui sur une roche déjà présente dans le paysage ou tout autre cavité naturelle alors que la cazelle est une construction à part entière. De plus, l'entrée d'une gariotte serait des plus sommaires, constituée par une simple ouverture alors que la cazelle est quant à elle dotée d'un dispositif d'ouverture/fermeture plus élaboré (porte ou similaire).


      Cette parenthèse culturelle faite, comment s'est passée ma course ?

      Et bien ma foi pas trop mal pour une course qui ne figurait pas parmi mes priorités mais qui s'inscrivait davantage dans mon plan d'entraînement de l'Ecotrail. La semaine précédente fut en effet chargée au niveau entraînement avec une séance VMA, une séance d'endurance et une séance de seuil. Déjà 3h20 et 36 km dans les pattes. L'objectif de ma course était donc tourné vers une résistance à la durée et à une bonne tenue de ma vitesse.
      Au top départ je reste parmi les derniers du peloton composé principalement de coureurs du 10 km et du vétathlon, partis plus vite. Le tracé est roulant tantôt sur bitume, tantôt sur sentier, tantôt sur piste. De la boue aussi. Peu de relief mais de beaux paysages, notamment au niveau du lac de Lartigue (km 4,2).
      Peu avant le lieu-dit Méric (km 7,7), je me fais dépasser, en montée, par un coureur que je décide d'accrocher. Pas de problème, les jambes répondent et son rythme me convient bien, je décide alors de le suivre pensant qu'il court le trail court.
      Je boucle la première partie du parcours (km 10,8) en 1h pile et constate que le gars que je suis depuis maintenant 3 à 4 kilomètres continue. Je reste derrière lui, décidé à garder l'allure.
      Mais la suite est tout de même plus... solitaire. En effet, le faible nombre de concurrents sur le trail 34 km me conduit à parcourir les 23 km suivants seul ou presque. Bien que j'effectue toute la seconde partie de la course en compagnie de ce concurrent, nous ne discuterons quasiment jamais sauf au moment où, au niveau du 17ème kilomètre (lieu-dit Souques), je m'égare pour retrouver ensuite le bon tracé. Nous échangeons quelques mots, nous faisons dépasser par le dossard 101 au Pech des Places et quelques VTT mais repartons aussi si silencieux l'un que l'autre. N'empêche, c'est entre le 12è et le 25ème kilomètres que le parcours est le plus intéressant : quelques belles monotraces, de la boue qui colle, de beaux bois de chênes et un peu de dénivelé. Je garde mon rythme, redépasse le 101 qui semble piocher un peu, me ravitaille et prends quelques photos.
      Au ravitaillement (environ au 23ème kilomètre), les deux bénévoles nous disent que nous sommes bien propres comparativement à ceux qui sont passés avant. Je m'insurge. Comment ? Nous ne sommes pas premiers ? Eh bien non... Je retrouve mon sang-froid et leur dis que si nous ne sommes pas tombés c'est parce que nous sommes allés... moins vite. Je bois deux verres de coca, croque un carreau de chocolat et repars tranquillement vers Lalbenque.
      L'analyse préalable du profil de la course me fait me rappeler que les 4 derniers kilomètres sont très roulants, en légère descente. Effectivement une piste comme une autoroute nous conduit à l'arrivée. Je décide de tenir une vitesse rapide le plus longtemps possible, toujours derrière le même coureur, mon compagnon depuis le 7ème kilomètre.

      Bilan :
      Au bilan, je termine ces 34 km en 3h17'55", à quelques secondes de mon compagnon silencieux du jour (que je n'ai pas dépassé par respect puisque c'est lui qui a mené 90% du temps le tempo). Au général, je finis 8ème /16 concurrents. J'ai même la surprise de voir que je suis 3ème sénior ! C'est en quelque sorte mon premier podium.
      Je suis extrêmement satisfait de ma course. J'ai pu gérer sans difficulté le rythme. L'alimentation a été parfaite car j'ai très bien supporté les gels. Et surtout, j'ai couru ce trail à plus de 10 km/h pendant 3h18 malgré des sentiers souvent boueux ou glissants. Évidemment je n'en tire aucune conclusion hâtive quant à ma capacité à tenir une telle vitesse sur 80 km mais j'ai le sentiment que mon travail actif en VMA en janvier/février a payé.

      La carte du parcours :


      Le profil de la course :

      lundi 31 janvier 2011

      Bilan mensuel : janvier 2011

      Bilan course à pied de ce mois de janvier :
      • 4 séances VMA : 3/01 (8,1 km), 10/01 (9 km), 19/01 (9,5 km), 26/01 (10,8 km)
      • 4 séances endurance : 5/01 (10km), 12/01 (10,2 km), 17/01 (10,5 km), 26/01 (10,7 km)
      • 3 sorties seuil : 9/01 (30' + 3*8' R2' + RAC 10', 11,9 km), 23/01 (30' + 9/10/9 R2' + RAC 10', 13,2 km), 30/01 (30' + 3*8' R2' + RAC 10', 12,4 km)
      • 2 sorties longues : 7/01 (Soueich, 2h, 14,4 km, 800m D+), 21/01 (Bourg-de-Bigorre, 2h30', 21 km, 800m D+)
      Total :
      • 13 sorties
      • 151,7 km
      • 16h03'
      • 9,45 km/h
      • 1600m D+
      En résumé :

      Un mois de janvier placé sous le signe de la reprise. La semaine 2 fut perturbée par une gastro le jeudi. La météo du mois ne fut pas trop humide, mais froide. Pas de sortie vélo, sans doute en février. Les sensations reviennent, mais doucement.

      Pour février :

      En février, je dois absolument poursuivre mes séances VMA afin d'augmenter ma vitesse de base. Pour les séances de seuil, l'objectif est d'allonger la phase d'échauffement puis celle de seuil. Enfin, pour les sorties longues, je vais me cantonner à des sorties de 2h / 2h15 afin de ne pas accumuler de fatigue.
      La cerise sur le gâteau du mois serait une sortie montagne (ski de rando) et un peu de vélo (environ 100 km, soit 3 sorties). A voir selon la météo et mes disponibilités.
      Enfin, côté compétition, je prévois une participation au Trail des Gariottes, à Lalbenque (Lot), le 20 février. Le profil semble comparable à l'Ecotrail de Paris mais de distance beaucoup plus modeste (33 km).

        lundi 6 décembre 2010

        Saintélyon 2010, 68 km, 1350m D+ / 1700m D-

        Cette 57ème édition de la Saintélyon était particulière à bien des égards. La météo des jours précédents avait apporté de la neige, beaucoup de neige et le froid qui s'était bien installé l'a maintenue au sol, glacée par endroits. La météo de la nuit aussi : un départ sous des températures négatives, de l'ordre de -6 à -10°C... Et puis vraiment énormément de monde. 6000 inscrits sur la solo, 5000 partants et 4000 arrivants.

        Ma course proprement dite :

        Une première partie chaotique
        Après un départ prudent dans les rues déneigées de St-Etienne, je me rends compte en voulant boire un coup que ma poche à eau était obstruée par la poudre magique que j'y avais mis et je perds 3 à 4 minutes sur le bord de la route à essayer de la déboucher en tapant dedans, en la sortant du sac et en m'énervant un peu -ca fait juste 2 fois que ça m'arrive en trois semaines-. Dès les premières montées, je reste coincé dans des bouchons et peine à trouver mon rythme. Je me casse la figure dans la poudreuse et subis un gros coup de mou entre St-Christo en Jarez (premier ravitaillement) et Moreau. A ce moment de la course, mon seul objectif est de finir, même en 10 h. De Moreau à Ste-Catherine, rien à dire, c'est superbe. On emprunte de beaux sentiers et de belles pistes et la neige reste confortable à courir. Malgré cela, je ne suis pas en jambes et je suis coincé au milieu d'autres coureurs eux-mêmes coincés entre eux. En clair, impossible de dépasser sans prendre des risques et certains en feront durement les frais.

        Une deuxième partie où je reprends un peu du poil de la bête
        , notamment à partir de Ste-Catherine (km30). J'y fais un bon ravito, je mange du salé que j'avais prévu dans mes réserves (des boules de soja déshydratées qui me permettent d'accepter le thé trop sucré et les gels vraiment très sucrés). J'arrive à reprendre 570 places de Ste-Catherine à Beaunant (km 57). Bref, à ce moment j'ai les jambes, un très bon mental, je suis porté par la course et par mes sensations. En effet, on traverse alors la partie la plus technique, le bois d'Arfeuille, on suit quelques monotraces et le peloton est étiré. La neige commence à se transformer en glace par endroits mais miraculeusement j'échappe encore à ma deuxième chute. Je positionne même la frontale en mode pleine puissance alors que depuis le départ, j'économisais les piles... Plus anecdotique, j'ai également savouré le 42196è mètre de cette course, signe que j'étais devenu officiellement un ultracoureur.

        Enfin, la dernière partie, toute en volonté et détermination.
        Mes temps de passage depuis Soucieu (km 45) me laissent espérer un finish en 9h environ alors qu'à St-Genoux (km 34) j'étais sur 10 h ! Donc, après Soucieu, il faut grimper et redescendre trois bossettes sur 14-15 km. Mais ça passe, et je n'ai aucun problème d'alimentation (ceci pouvant expliquer cela). Bon, je me rétame bien méchamment vers le 50è, mais je m'en remets. Puis, dans le final, c'est à dire à partir des hauteurs de Lyon et surtout le long de la Saône et du Rhône, il faut lutter évidemment contre la fatigue mais aussi contre le vent, souvent de face, toujours glacial, et les plaques de verglas de plus en plus présentes et traitresses. Je m'accroche et je décide de courir le plus possible. La fin est interminable mais tout se passe bien, je continue de dépasser des concurrents. Au final, entre Beaunant (km 57) et l'arrivée, je gagne 76 places. Je me permets même de faire un sprint de 50m pour passer sous l'arche (enfin, c'est l'impression que j'avais et quand on passe, au bout d'une nuit de course, de 9 km/h à 12-13, on a l'impression d'être Usain bolt, si-si, je le jure !).
        Résultat : je finis, heureux, 1384è / 4039 en 8h55'59".
        En résumé, j'ai vraiment bien apprécié cette expérience. Sans doute parce que j'ai réussi, pour une première, ma course et que je n'ai pas vraiment souffert. La neige ne m'a absolument pas gêné du tout, au contraire !

        Les points négatifs que j'ai relevés : beaucoup (trop) de coureurs et à certains passages, c'est vraiment gonflant ; un accès aux ravitaillements rarement aisé : les tentes étaient gavées de monde et il fallait jouer des coudes pour se faire servir un verre de thé (c'est la seule chose que je prenais, j'étais autonome sur tout le reste) ; un speaker un peu relou ! (lui aussi avait fait le trajet entre St-Etienne et Lyon car il a lancé le départ et je l'ai reconnu à l'arrivée) ; et trop peu de monotraces (mais pas trop grave compte tenu du monde).
        Pour le reste nickel ! Et beaucoup de solidarité et d'entraide entre les gens.

        A noter que j'ai dépassé un mec avec qui j'ai discuté 5 minutes dans la montée de Ste-Foy-lès-Lyon qui m'a dit que cette édition était vraiment très dure, que lui l'avait déjà courue deux fois en 8h mais que là, il allait dépasser les 9h (il est vrai qu'au sommet de la côte j'ai relancé en courant et lui a continué de marcher).. Donc, je peux faire mieux dans des conditions un poil meilleures !!!

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        Le site de la course : http://www.saintelyon.com