Ce fut vraiment un superbe trail ! Certes je connaissais quasiment tout le parcours pour y avoir à certains endroits plusieurs fois randonné. Mais le plaisir de courir (quand c'était possible) sur un tel tracé ne peut laisser indifférent.
Après avoir récupéré mon dossard, le 78, et le panier garni qui l'accompagnait le vendredi, je prépare consciencieusement mon sac en tenant compte du fait qu'aux Bergeries de Grutelle (km 40 env.) j'aurai l'occasion d'être ravitaillé par la famille, venue en nombre.
Une sieste minimale la veille et un sommeil perturbé ne me rendent pas d'humeur très enthousiaste quand le réveil sonne à 3h30. Je bois mon thé et mange mon gâteau énergétique avant de prendre la route de Corte. Je laisse la voiture de ma soeur sur le parking du cinéma et rejoins le départ en marchant, tranquillement. Je suis rejoint par un autre concurrent qui m'aborde en me parlant de mes bâtons ! De fil en aiguille, nous nous apercevons que nous sommes tous deux "originaires" de Toulouse. Connaissant cependant bien mieux le terrain du jour, je peux lui donner quelques informations, notamment sur les premiers kilomètres.
La feuille de départ signée, le peloton de 127 coureurs se présente sous l'arche, cours Paoli. Dawa Sherpa, grandissime favori, est là et remercie l'ensemble de l'organisation et des bénévoles avant de souhaiter bonne course à tout le monde.
De Corte (km 0) au Refuge de Sega (km 15)
Le départ est enfin lancé. Il est 5h et je souhaite bonne course à mon camarade croisé quelques minutes auparavant. Le ton est donné dans les premiers mètres : on grimpe les fameuses marches cortenaises, celles qui ne permettent jamais de trouver une vraie cadence. Trop profondes pour n'effectuer qu'un pas sur chacune, elles ne le sont pas assez pour en faire deux ! Mais ça ne dure pas. Nous arrivons sur le parking du musée et je sais que nous allons très vite entamer la longue montée vers l'arche de Scandulaghja et les bergeries de Padule. Je dépasse alors un groupe de plusieurs coureurs pour ne pas être dans les bouchons.
Et les hostilités commencent vraiment ici. Je connais la montée, elle est rude. Quelques coureurs portent la frontale mais le sentier est évident et le jour se lève. Je ne m'enflamme pas mais je sens que les jambes répondent. Compte tenu de mon sommeil des jours précédents, je suis étonné ! A l'occasion du premier petit replat, je dépasse un nouveau petit groupe de 5-6 coureurs pour recoller aux concurrents déjà partis plus vite. Je rebouche le trou et fais une partie de la nouvelle portion avec un coureur qui me dit qu'il s'est mis "en mode gestion" ! Je lui donne raison, la course est encore longue, nous n'avons pas encore parcouru 2 kilomètres !
Les positions semblent, à mon niveau, déjà établies. En tout cas, je ne suis dépassé que par un ou deux concurrents avant le Col de la Croix (1100) et moi-même n'en dépasse qu'un ou deux. Le terrain, couvert maintenant par les pins laricci, est moins pentu mais davantage minéral. Encore 200m de D+ avant de basculer vers l'arche de Scandulaghja, atteinte en 1h20. 1000m de D+ et "seulement" 4 km de course. Bienvenue en Corse !
Un dernier coup de cul nous mène au col (1660) avant les bergeries de Padule (1610) en léger contrebas. Un ravitaillement et un contrôle y sont installés mais je ne m'y arrête pas. J'ai décidé avant la course de tenir jusqu'à Sega. Ma poche à eau n'est pas vide, je remonte donc la piste qui emmène l'ensemble des coureurs au col de Canaghia (1815). Dans cette montée, je dépasse un ou deux coureurs. Les sensations sont toujours bonnes. Au col, je sais qu'une descente vers les bergeries de Conia (1593) est le préambule à un long morceau de piste plutôt horizontal. J'entame la descente de manière plutôt raisonnable. Je dépasse un coureur mais me fais au même moment absorber par un fou furieux...
Au départ de la fameuse piste, un vététiste venu encourager le peloton me dit que je me situe aux environs de la 40ème place. Je me pensais un peu plus devant mais je me dis que la course est encore très longue (nous n'en sommes qu'au 8ème kilomètre) et que, évidemment, rien n'est joué.
La piste nous permet de courir (enfin) un peu. J'avais estimé sur le papier sa longueur à 4-5 km, soit une petite demi-heure de course. Me sachant parti pour 12 à 14 heures d'effort, je décide donc de ne pas courir sur toute sa partie mais de marcher de temps à autre afin de récupérer et de préserver la machine. Cela ne m'empêche pas de rejoindre deux concurrents et de les dépasser. Rapidement, en tout cas plus rapidement que ce que j'avais estimé, la descente vers Sega se présente : 400m de D- sur un sentier pierreux et piégeux, envahi à certains endroits par des racines. Un local que j'avais dépassé sur la piste me repasse devant, comme une bombe. Je me dis que j'ai vraiment des progrès à faire en descente, je suis incapable de suivre ce rythme. Malgré tout, j'essaie de rester concentré et de descendre le plus vite possible quand tout à coup, quelques minutes avant Sega, je me prends le pied contre un caillou ou une racine et m'étale de tout mon long, les mains en avant dans le vide pour retomber en glissant sur des pierres. Je peste et me relève rapidement pour contrôler l'étendue des dégâts. Les genoux sont en sang, le tibia gauche et l'intérieur de la main gauche aussi. Les deux épingles supérieures de mon dossard ont sauté. Heureusement, je ne ressens quasiment aucune douleur. Je ramasse mes bâtons et repart illico. Le terrain découvert de la piste et des premiers hectomètres de la descente laisse place à une forêt de pins dans laquelle il fait frais. Je sais que je me rapproche de la Sega, je me dis que je ferai le point là-bas.
Effectivement, quelques minutes plus tard, c'est le premier gros point de ravitaillement. Je suis surpris, j'attendais un poil plus de monde. A peine arrivé, un bénévole se propose de me désinfecter. Je ne refuse pas. Un autre me tend une bouteille d'eau et remplit ma poche. Je sors une barre et en mange la moitié. Je refuse le saucisson et le fromage et les remercie chaleureusement pour leur aide. Et je repars, toujours sans douleur.
Du refuge de Sega au Lac de Ninu
A partir de là et jusqu'à l'arrivée, je connais tout le parcours à l'exception du sentier entre Grutelle et le départ vers Alzu. La remontée du Tavignanu est assez souple et se déroule tout d'abord à l'ombre, le long du cours d'eau. Un coup d'oeil à la rivière et aux magnifiques piscines naturelles me fait penser que j'aurais peut-être mieux à faire qu'à courir... Mais non ! Il faut continuer. Quelques randonneurs m'encouragent. Peu à peu je rattrape un groupe de coureurs et me fais également dépasser par une féminine et un local. Mais je tiens le ryhtme et parviens même lorsque la pente se redresse à prendre un peu le large. Les positions commencent à s'établir et au niveau des bergeries de Ceppu (1608), je mets un petit coup d'accélérateur. Je ne reverrai pratiquement aucun de ceux que je laisse ici, à l'exception du dossard numéro 10 (Vincent) avec qui je courrai quelques kilomètres.
Peu après Ceppu, je rejoins puis dépasse un coureur qui m'avait passé à l'arche de Scandulaghja. C'est bon signe, je le sais. Le terrain, dans une forêt de hêtre, impose une certaine vigilance : racines, pierres et feuilles sont autant de chausse-trapes à éviter ! Vincent reste dans ma foulée. Nous rejoignons puis dépassons le fou qui m'avait passé comme une balle dans la descente de la Sega. J'apprendrai plus loin qu'il s'appelle Hyacinthe et je ne sais pas encore que nous allons passer tout le parcours à nous dépasser régulièrement !
Cette partie plutôt plate mais plutôt inconfortable laisse ensuite place aux prairies qui annoncent le Lac de Ninu (1743). Quel plaisir de courir sur une herbe tendre. Je garde ma petite foulée, Vincent dans mon "sillage", deux concurrents en point de mire. Le long du lac je les passe, toujours avec Vincent. Je vois du coin de l'oeil le ravitaillement et le point de contrôle, qui se trouvent au niveau de la petite fontaine. Je m'y dirige alors que 2 chevaux et deux ânes, accompagnés, descendent de Bocca Stazzona. Un gars se précipite vers nous et nous dit : "Passez entre les chevaux, et souriez, on va vous prendre en photo pour le journal." Ok, on obtempère et nous voilà entre les équidés. Clic-clac, c'est dans la boîte !
Je m'arrête à la fontaine et sors la poche à eau. Je fais le plein, y verse ma poudre. Vincent me lance : "Sympa ta petite foulée économe !
- Oui, c'est vrai, merci !
- J'ai du mal à te suivre dans les montées.
- C'est ce que je préfère ; par contre, les descentes c'est pas vraiment mon truc et je crains celle de la brèche de Capitellu jusqu'aux bergeries de Grutelle."
Je m'énerve un peu contre les sachets de poudre que j'ai du mal à verser à cause de mes mains mouillées. Au moment de repartir, je propose à Vincent de se joindre à moi. Il accepte et me dit de le suivre.
De Ninu aux Bergeries de Grutelle
Malheureusement, et bien que le sentier s'y prête, je n'arrive pas à garder son rythme. Je préfère ne pas le rattraper et m'économiser. Nous sommes maintenant sur le GR20 et environ 4 kilomètres nous séparent du début de la montée vers la brèche de Capitellu. Je rejoins un coureur, reste avec lui jusqu'aux bergeries de Vaccaghja (1621). Vincent et un autre concurrent, le dossard 48, sont devant. Je finis par distancer mon éphémère compagnon et je rejoins encore Vincent au petit ravitaillement de Manganu (1601) au moment où le 48 repart.
Là encore, les bénévoles sont vraiment très sympathiques. On nous propose un peu de tout mais je me rue sur la Zilia pétillante, un peu de Corsica Cola et des abricots secs. Je ne refais pas le plein de la poche à eau, estimant que je peux tenir jusqu'au prochain petit ravitaillement situé peu après la brèche.
"Là c'est pour toi, me lance Vincent !
- Oui, j'attends ce passage avec impatience ! Mais méfie-toi, ça grimpe vraiment bien, surtout à la fin.
- On en a pour combien ?
- Ca fait environ 650 m de déniv'.
- Vas-y, ne m'attends pas.
- OK, à plus alors."
Je continue donc seul. Impossible de courir, excepté sur de très rares et courtissimes portions de plat. Le 48 se rapproche mais pas de façon très sensible ! Je me retourne de temps en temps, ça va, personne ne me rattrape. Malgré la taille des marques du GR, je prends quelques fois des sentiers parallèles. C'est comme ça que, rattrapant enfin le 48, je me fie trop à sa montée et en oublie de lever les yeux. Il s'égare, je m'en rends compte, l'en informe et nous voilà sur le bon chemin. Ce petit "écart" va me permettre de le dépasser.
Un coup d’œil à ma montre et je m'aperçois que je suis un peu en avance par rapport à ce que je m'imaginais. Je prends mon téléphone et appelle ma sœur pour lui annoncer que je serai en avance à Grutelle ! Ca ne passe pas super, mais ça passe ! J'entends de son côté : "Le pauvre, il téléphone en courant !"
La montée vers la brèche, point culminant du GR 20 et du trail, est rythmée par les cris d'encouragement des bénévoles. J'ai beau connaître le terrain, difficile, je sais que la suite, la descente vers les lacs, est encore pire.
Ca y est, c'est la brèche, altitude 2225. On scanne ma puce, on note mon dossard. Cela fait 6h47 que je cours. Je demande alors à quelle place je suis. La bénévole qui tient le classement me répond : "30ème!
- Super ! Il y a un ravitaillement ?"
J'ai besoin de boire et de remplir ma poche.
" Un peu plus loin, me répond-on.
- OK, merci !"
Je repars et rattrape très vite un concurrent. Le trail est toujours sur le GR20 et devient franchement limite à ce moment. On surplombe le lac de Capitellu. Ca descend bien droit sur des rochers. On passe une cheminée, équipée d'une chaîne. Ca glisse, je manque régulièrement m'affaler. Je commence un peu à fatiguer et la concentration devient moins bonne. Je croise un groupe de quelques randonneurs qui me demandent s'il y en a encore beaucoup derrière. Une centaine ! je leur réponds.
On quitte alors la crête pour piquer directement vers le lac de Capitellu. Une corde est installée tout le long. Je suis tellement concentré sur ma course et sur les appuis, fuyants, glissants que je ne vois pas le ravitaillement. Du haut du couloir que l'on doit dégringoler, le lac de Capitellu se fait désirer. J'entame cette descente toujours de manière prudente. Je suis vraiment fatigué et je n'ai plus trop confiance dans mes appuis. Effectivement, je suis au ralenti. J'utilise parfois la corde mais le plus souvent je pose les mains sur les rochers. Mes bâtons me gênent.
Quelques centaines de mètres avant le lac, j'entends venant de la droite, du couloir que je viens de passer, le bruit de quelqu'un arrivant à toute berzingue ! Je reconnais Hyacinthe. Quel dingue ! Je l'encourage, lui aussi, mais il prend très vite ses distances.
Au niveau du lac, je m'aperçois alors que je n'ai plus rien dans la poche à eau. C'est la poisse. Je suis fatigué, ça tombe vraiment mal, d'autant que le prochain ravitaillement est aux Grutelle, dans une petite demi-heure. Le terrain reste instable et mes sensations ne me permettent pas d'être serein. Juste sous le déversoir du lac, je suis de nouveau dépassé par un coureur torse nu. Rien ne va plus... Vivement le ravito ! Entre Melu et Capitellu, c'est le 48 qui me rejoint. On reste ensemble un petit moment. Arrive enfin Melu (1711). Je m'abreuve directement dans le lac. Ce n'est pas conseillé, mais j'ai très soif.
Pour rejoindre Grutelle, je demande aux bénévoles qui sont là si l'on passe par les échelles. Non. Ouf ! J'en ai assez des passages scabreux. N'empêche, cette partie à venir ne me plaît pas non plus. Je sens la fatigue vraiment me gagner et je vois bien que c'est la cause de ces très mauvaises sensations. Le 48 commence à me distancer. On coupe de nouveau la rivière. Je bois encore ! Grutelle finit par se rapprocher.
Et je finis par y arriver. Tout le monde (ou presque) m'y attend, les enfants, la famille ! Je refais le plein, bois énormément d'eau gazeuse, change les gels, vide mes poubelles. C'est un "gros ravitaillement". Je prends même une bonne soupe aux vermicelles, chaude et salée. Un délice. Mais toujours pas de saucisson ou de fromage.
Et pendant ce temps, un bénévole très attentionné me nettoie encore les plaies aux genoux. Je discute un peu, explique ma course, dis que je suis plutôt bien sauf sur cette descente. Je suis en avance sur mon estimation moyenne. Sentant que j'ai besoin d'un peu de repos, je prends quand même mon temps. Mais je finis par repartir.
De Grutelle à Alzu
Prochaine "étape", le plateau d'Alzu. Je sais que Lionel et Catali, accompagnés d'Angela, m'y attendent. Ils seront là avec une bouteille de St-Yorre ! A peine reparti des Grutelle, j'y pense déjà. Mauvais signe. Quelques mètres de goudron et les bénévoles m'indiquent un sentier, pas très bien balisé. On passe la Restonica que le tracé suit rive droite. Devant moi, une féminine. L'écart reste stable. Au pont de Grutelle, on passe rive gauche. Le sentier reste sous bois, à l'ombre. Tant mieux, il commence à faire chaud. La féminine reste toujours devant, de quelques mètres.
La descente n'est pas franche. On remonte un peu par à-coups mais l'on perd de l'altitude. Au croisement d'un affluent de la Restonica, la féminine s'arrête pour se rafraîchir. Je la dépasse. Elle reste derrière, à une cinquantaine de mètres. Et on arrivera comme ça, ensemble, au ravitaillement du pont de Tragone (940).
Le dossard 48 y est également. Je bois de l'eau pétillante et me rafraîchis un peu. J'ai vraiment chaud et, malgré la descente et le rythme que j'ai tenu en courant, je n'ai pas de très bonnes sensations. N'empêche, il faut maintenant attaquer la dernière difficulté, la montée au plateau d'Alzu. Je la connais quasiment par coeur et elle ne me fait pas peur.
Nous repartons donc tous les trois, la féminine, le 48 et moi. La féminine, locale, avait confié aux bénévoles qu'elle n'était vraiment pas en jambes. C'est donc sans surprise qu'elle ferme la marche, menée par le 48. Moi, je sens que je ne peux pas aller plus vite mais j'arrive à suivre. Plus de 700m de montée s'offrent à nous. Notre petit peloton, groupé, reste sur le sentier, et ne coupe quasiment aucun virage. J'en prends à un moment la tête, dans la première moitié. Rapidement je lâche et laisse passer mes deux compagnons. Non, cette ascension, pourtant magnifique, ne me remonte pas le moral.
La féminine et le 48 prennent un peu d'avance. Mais, progressivement, je sens que la forme pointe de nouveau le bout de son nez. J'arrive à trotter sur les rares portions plates et j'allonge la foulée dans les pentes. Mes compagnons restent à une distance honorable et je ne décroche pas. Je maintiens même l'écart et parvient finalement à me rapprocher. On est maintenant sous le plateau, là où les pins ont disparu, où il n'y a plus d'ombre. Je sais que l'arrivée en haut est très proche et je pense encore à Lionel. Sera-t-il bien là ? Je lève un peu les yeux pour mesurer le dernier effort avant de basculer et je vois que, outre mes deux compagnons du jour, un troisième larron, tee-shirt blanc, est juste devant. Tout va bien, donc, je ne suis pas le seul à souffrir, je dirais même que certains souffrent plus que moi...
Enfin, les bergeries de Cappellaccia (1650). Tout le dénivelé positif de ce trail est passé, à l'exception de quelques menues "rampes" le long du Tavignanu., à venir. Il reste un petit kilomètre avant le ravitaillement, à plat, en légère descente même. Je me remets donc à courir. Très vite, j'aperçois la silhouette de Lionel, Catali et Angela ! Ils sont là. Je m'arrête et laisse donc filer mon petit peloton, rattrapé dans les derniers mètres de l'ascension au plateau. On devise beaucoup, on parle du trail, de ceux qui sont passés. J'avale les 3/4 de la bouteille de St-Yorre et laisse mes bâtons, devenus inutiles, à Lionel. Je les récupérerai à l'arrivée, ils me promettent d'y être.
Je repars au bout de 4-5 minutes pour m'arrêter quelques centaines de mètres plus loin au ravitaillement d'Alzu. Un contrôle y est effectué : j'en suis à 10h24' de course. Le 48 en repart juste et la féminine décide de s'y arrêter pour se faire masser. Quant à moi, je remplis ma poche à eau, bois un peu de coca et d'eau et mange quelques abricots secs. Le bénévole me lance : "Ca va aller ? Pas la peine de courir de risque maintenant !"
Et je repars, le remerciant du conseil et pour le ravito.
Du plateau d'Alzu à Corte
A partir de maintenant, mon objectif est de ne pas perdre de place. Dès les premiers mètres, je vois que je vais beaucoup mieux que lors de la descente des lacs jusqu'à mi-pente d'Alzu. Les sensations des derniers hectomètres de la montée ne m'ont donc pas trompé. 1000 m de descente et une petite quinzaine de kilomètres me séparent de l'arrivée.
Je cours donc dans cette belle descente, sur un sentier très rapidement à l'ombre des Lariccii, le long du Catagnolu, affluent du Tavignanu. Je coupe quelques lacets par moments, preuve que mes cuisses sont encore capables d'encaisser les chocs. Personne devant, personne derrière. Je retrouve le sentier du Tavignanu. Quelques petites remontées, histoire de casser le rythme de la course, mais histoire de récupérer aussi un peu.
Puis j'entends des bruits de pas derrière moi. Je me retourne, c'est la féminine. Grrr, elle me rattrape. Je ne comprends pas. Même si je ne suis pas un grand descendeur, j'ai quand même l'impression d'être allé assez vite. Elle ne me dépasse pas, et on arrive ensemble au ravitaillement de la passerelle de Russulinu (760).
Surprise, Hyacinthe et le 48 y sont également. Ils étaient partis 4 à 5 minutes avant moi d'Alzu ! Cela confirme ma belle descente et la encore plus belle de la féminine. Ces deux-là repartent vite en nous lançant "Et c'est pas la peine d'essayer de nous rattraper !"
J'entame la conversation avec la féminine et on repart ensemble. Mais je sens très vite qu'elle a de bien meilleures jambes que moi sur cette fin de course. Je lui dis donc d'y aller. Avant de prendre les devants, elle s'inquiète d'abord de savoir si j'ai de quoi tenir jusqu'au bout ! Je lui dis que oui et elle part. Je ne la reverrai pas et sur cette dernière portion de 7 km, elle mettra 7 minutes de moins que moi...
Je continue donc à courir à plat et en descente, je marche dans les petites remontées, dépasse quelques touristes de retour d'une virée dans les gorges du Tavignanu. Un dernier ravitaillement, à 5 kilomètres de l'arrivée me surprend. De nombreux bénévoles y sont. Au moment où je m'apprête à enlever mon sac pour en sortir mon écotasse, la bénévole me dit : "Ououh, allez, buvez à la bouteille, je viens de l'ouvrir !" Puis elle me propose de me rafraîchir : "Une douche à la Zilia, c'est bien non ?" C'est sûr, c'est très rafraîchissant : il est près de 17h et le coin est toujours très chaud ici en été. D'autant que depuis la passerelle, nous sommes sortis de la forêt. Plus d'ombre...
Et je reprends la course une dernière fois. Je sais maintenant que c'est dans la poche. Ma seule hantise est de voir encore quelqu'un revenir sur moi. Mais non, personne ne pointe le bout de son nez. Mieux, à un quart d'heure de l'arrivée, je repasse Hyacinthe, visiblement très émoussé. On fait quelques mètres ensemble mais à l'occasion d'un ultime rafraîchissement à une fontaine, je le laisse seul.
Ca y est, c'est Corte ! Je reprends pied sur le bitume, monte au Musée, traverse la cour, redescends par la Place Paoli. Puis c'est le cours, l'arche est en vue et il y a beaucoup de monde à la terrasse des cafés. J'accélère et passe, très heureux de ma course, l'arrivée. Les enfants et la famille sont là ! Sollicité, je donne une petite interview au speaker que j'ai déjà eu l'occasion de croiser maintes fois sur des trails dans le sud-ouest.
Ca y est c'est donc fini. J'ai très vite le sentiment d'avoir bien réussi ma course. Mon temps est le meilleur que je pensais faire (je m'estimais entre 12 et 14h) et, bien que j'aie été assez fatigué en fin de course, je pense avoir bien géré mon effort. Je me suis très bien alimenté, tout est très correctement passé. Ma seule "erreur" aura été d'avoir raté un plein d'eau avant la descente des lacs. Enfin, il me faut absolument progresser en descente et, pour retarder les effets de la fatigue, effectuer plus régulièrement une sortie longue plus longue que celles que je cours d'habitude.
Enfin, assez pointilleux sur les chiffres, je relève que ce n'est pas 5000m de dénivelé que nous avons dû affronter mais "seulement" 3800. Quant au kilométrage, annoncé à 68, ma montre en a indiqué 65,5.
Prochain rendez-vous d'envergure : le Grand Raid des Pyrénées, 80 km, 5000m de D+, le 27 août prochain...
vendredi 15 juillet 2011
dimanche 3 juillet 2011
Trail de la Restonica
Voilà, c'est fait ! Après 12h22 de course, je termine 31ème bien content de ce résultat et du déroulement de cette épreuve.
Comme je m'y attendais, ce fut à la fois dur, superbe, technique, sauvage et physique.
Le compte-rendu détaillé, c'est pour bientôt.
En tout cas Dawa Sherpa n'a pas chômé puisqu'il remporte ce trail en 8h25, établissant le meilleur temps. Respect.
Comme je m'y attendais, ce fut à la fois dur, superbe, technique, sauvage et physique.
Le compte-rendu détaillé, c'est pour bientôt.
En tout cas Dawa Sherpa n'a pas chômé puisqu'il remporte ce trail en 8h25, établissant le meilleur temps. Respect.
vendredi 1 juillet 2011
Hospitalité corse
Eh oui, voici en photo les "petites choses" offertes aux inscrits du Restonica Trail :
- une saucisse corse
- un vin
- une Pietra, délicieuse mousse insulaire à la châtaignes
- un petit pot de miel local
- quelques échantillons de biscuits et nougats d'ici
- un très beau tee-shirt technique Salomon noir
Mais j'attendrai un peu avant de manger tout ça !
- une saucisse corse
- un vin
- une Pietra, délicieuse mousse insulaire à la châtaignes
- un petit pot de miel local
- quelques échantillons de biscuits et nougats d'ici
- un très beau tee-shirt technique Salomon noir
Mais j'attendrai un peu avant de manger tout ça !
dimanche 19 juin 2011
Reco GRP
Sortie maintes fois reportée, j'ai quand même pu effectuer aujourd'hui une reconnaissance d'une partie du parcours que je ne connais pas. L'idée était de profiter de ma dernière sortie longue avant le trail de la Restonica pour engranger du denivelé, du temps de course et découvrir quelques morceaux inconnus de moi du GRP.
Parti du parking du lac de l'Oule (env. 1600), je suis monté au lac pour rejoindre ensuite le restaurant du Merlans, sous le col du Portet où auront lieu les premier et dernier ravitos du trail. De ce point, j'ai ensuite intégralement suivi le parcours jusqu'au col de Bastanet (2507) avant de descendre au lac de Hourquette. Fin de la partie "aller" du parcours.
Mon idée était ensuite de rejoindre le col de Barèges pour suivre le sentier jusqu'au lac de l'Oule. Une légère erreur d'orientation m'aura fait atteindre la hourquette Nère (2465) alors que je pensais être au col de Barèges ! Une seule solution pour récupérer le col : grimper par le pic d'Aygues Cluses (2620), qui m'en sépare. Quelques minutes d'escalade et me voilà au sommet.
Je redescends au col de Barèges où je retrouve donc le GRP. La suite est évidente, il faut descendre en passant par les lacs de Gourguet et de coste Oueillère. Quelques passages demandent une certaine attention mais, globalement, ça se fait en courant. La partie en sous-bois est reposante et l'ombre, appréciée. Je retrouve le lac de l'Oule et l'endroit où un ravitaillement sera également placé (extrémité nord du lac).
Pour les derniers kilomètres, ce sera tout en courant, en contournant le lac par l'ouest et en descendant la montée du départ.
Au total, 27 km, 1500m D+ pour 4h15 de sortie. Un endroit superbe, constellé de lacs. Et le sentiment de me familiariser doucement avec ce que sera cette épreuve de la fin du mois d'août.
Parti du parking du lac de l'Oule (env. 1600), je suis monté au lac pour rejoindre ensuite le restaurant du Merlans, sous le col du Portet où auront lieu les premier et dernier ravitos du trail. De ce point, j'ai ensuite intégralement suivi le parcours jusqu'au col de Bastanet (2507) avant de descendre au lac de Hourquette. Fin de la partie "aller" du parcours.
Mon idée était ensuite de rejoindre le col de Barèges pour suivre le sentier jusqu'au lac de l'Oule. Une légère erreur d'orientation m'aura fait atteindre la hourquette Nère (2465) alors que je pensais être au col de Barèges ! Une seule solution pour récupérer le col : grimper par le pic d'Aygues Cluses (2620), qui m'en sépare. Quelques minutes d'escalade et me voilà au sommet.
Je redescends au col de Barèges où je retrouve donc le GRP. La suite est évidente, il faut descendre en passant par les lacs de Gourguet et de coste Oueillère. Quelques passages demandent une certaine attention mais, globalement, ça se fait en courant. La partie en sous-bois est reposante et l'ombre, appréciée. Je retrouve le lac de l'Oule et l'endroit où un ravitaillement sera également placé (extrémité nord du lac).
Pour les derniers kilomètres, ce sera tout en courant, en contournant le lac par l'ouest et en descendant la montée du départ.
Au total, 27 km, 1500m D+ pour 4h15 de sortie. Un endroit superbe, constellé de lacs. Et le sentiment de me familiariser doucement avec ce que sera cette épreuve de la fin du mois d'août.
dimanche 12 juin 2011
10km du diamant noir - Lalbenque (Lot)

Mon objectif du jour était clair : faire le meilleur temps possible et battre mon record sur la distance, établi depuis le 21 mai dernier à 43'07" à Grenade. Mais bien avant le départ je me dis que ça va être difficile : le parcours est en fait beaucoup plus vallonné que ce qu'on est habitué à vivre sur 10 km et passe sur de nombreux sentiers. Il m'apparaît donc peu propice à la performance. N'empêche, je suis là pour aller vite. Je décide tout de même, par acquis de conscience et par curiosité, de déclencher mon altimètre !
Après un échauffement de 20 minutes, on nous annonce 10 minutes de retard au départ. Je repars donc pour 6 minutes tranquille et me range de nouveau derrière la ligne de départ.
Et ça y est, c'est enfin parti. Le premier kilomètre est plutôt descendant et je le boucle trop rapidement en 3'48". Je sais que c'est beaucoup trop rapide pour moi. Un faux-plat montant a raison de moi : je me décide à ralentir. On est toujours dans le village de Lalbenque, on repasse la ligne de départ, on redescend la première pente pour entamer le circuit hors la ville. Je rate la borne du deuxième kilomètre. Le bitume fait place à un sentier, toujours en légère cote. Une nouvelle portion de bitume où l'on peut allonger la foulée et le cardio est dans le rouge mais je tiens mon rythme. Au troisième kilomètre, ma montre m'annonce un temps de 8'31" pour les deux derniers, soit 4'15" de moyenne.
Une nouvelle piste remplace le goudron. De nouveau du bitume et le quatrième kilomètre est passé en 4'37". Aïe ! C'est un bien mauvais temps que voilà. Mais je m'y attendais, cette portion était quasiment tout en montée.
Le cinquième jalon est plus roulant et même s'il se déroule pratiquement intégralement sur terre il a l'avantage d'être quasiment tout plat ! Je le passe en 4'29". La première moitié est passée, j'ai mis 21'26". Il me paraît encore possible de faire moins de 43'. Mais je commence à avoir chaud. Heureusement, le ravitaillement arrive. Une fois n'est pas coutume, je prends un gobelet et avale (difficilement) une gorgée d'eau.
Depuis le deuxième kilomètre les positions autour de moi sont les mêmes. Peu de dépassements même s'il y en a quelques uns tout de même.
Les kilomètres suivants sont respectivement bouclés en 4'16", 4'34" et 4'21", témoignant d'un parcours ondulé sur terrain varié ! Mes sensations à ce moment sont bonnes et je commence même à reprendre les 3-4 concurrents qui sont devant moi depuis un moment.
Mais c'est vers 8,5 km qu'un violent point de côté se déclare. Il me cisaille littéralement et j'ai beau essayer de continuer la cadence, on me rattrape et je dois laisser filer, incapable de suivre. Je suis même obligé de marcher quelques secondes au niveau de la 9ème borne pour reprendre possession de mes moyens. Je n'ai même pas la force de pointer mon temps intermédiaire à ce niveau. La bénévole m'encourage ("Vous êtes au bout") et je décide de repartir coûte que coûte. Ce n'est pas le moment de lâcher prise.
Nous revoilà donc dans Lalbenque. Ma foulée est encore lente mais je m'accroche. Puis, mètres après mètres, je retrouve un rythme acceptable. On repasse une troisième fois la ligne du départ, on parcourt la grande ligne droite à plat puis la descente. Deux nouveaux concurrents me passent devant, juste avant la montée finale. Un sursaut d'orgueil et la perspective d'en finir sous les yeux d'un public acquis à ma cause ;-) me fait accélérer et les repasser.
J'en termine en 43'46" à mon chrono. Mon point de côté m'aura coûté environ 10 places et bien quinze à vingt secondes. Mon temps n'aurait donc pas pu être battu. Pas de regret à ce niveau-là, d'autant que le parcours, très joli au demeurant, n'est pas propice à la performance. Un simple coup d'œil à ma montre le valide : 90 m de montée, autant de descente !
Bref, un bien beau dimanche ! Bravo à l'organisation (malgré à mon sens quelques atermoiements dans le dernier kilomètre où les coureurs n'étaient pas assez bien protégés de la circulation) et merci aux bénévoles (notamment à celle du 9è !).
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Le site de la course est ici
Le parcours, là.
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mardi 7 juin 2011
Bilan mensuel : mai 2011
Après un mois d’avril pendant lequel je me suis remis doucement de l’Ecotrail de Paris, j’ai profité du mois de mai et de congés pour densifier l’entraînement en vue du Restonica Trail du 2 juillet prochain. Au programme de la quantité, de la qualité et de la diversification. J’ai également participé à deux compétitions : le trail des Seigneurs, à Cucugnan dans l’Aude et le 10 km de Grenade pour tester mes progrès sur cette distance.
Bilan course à pied :
Les 15 premiers jours seront consacrés à de l'entraînement qualitatif (maintien VMA, sorties longues et seuil). Les 15 derniers à faire du jus...
Bilan course à pied :
- 8 séances d’endurance :
- 2/05, 1h, 11km
- 4/05, 1h, 11,3 km
- 6/05, 1h, 11 km
- 11/05, 1h, 11 km
- 16/05, 45’, 8,1 km
- 20/05, 1h, 11,1 km
- 29/05, 1h, 10,6 km
- 31/05, 1h, 11,2 km
- 2 séances de seuil :
- 3/05, 30’+ 4*8’ 85% r2’ + RAC 10’, 15 km
- 27/05, 30’ + 2km + 2,5km + 2 km à 85%, r2’ + RAC 10’, 14,3 km
- 4 séances VMA :
- 5/05, 25’ + 8*45/30 + 8*30/30 + 8*30/30 + RAC 10’, 9,7 km
- 17/05, 25’ + 8*45/30 + 8*30/30 + 8*30/30 + RAC 10’, 9,7 km
- 24/05, 25’ + 2*10*30/30 r3’ + RAC 10’, 9,9 km
- 30/05, 25’ + 4*200 + 2*400 + 1*500 + 2*400 + 4*200 + RAC 10’, 10,3 km
- 2 sorties longues :
- 7/05, 2h05, Bruniquel, 900m D+, 13,9 km
- 26/05, 2h16, 1100m D+, 15,8 km, Mont Fourcat
- 2 compétitions :
- 15/05, Trail des Seigneurs, Cucugnan (11), 35 km, 2100m D+, 4h49, 29è/91
- 21/05, Cap sur Grenade, Grenade (31), 10 km, 43’07”, 84è/XX (+ échauffement et retour au calme : 30’, 5,1 km)
- 5 sorties :
- 8/05, 1h36, 40,3 km
- 13/05, 1h29, 38,7 km
- 16/05, 1h10, 32 km
- 19/05, 2h36, 65,7 km
- 25/05, 2h20, 56,2 km
- 2 sorties
- 18/05, Pic de Pioulou -2163m- (09), 1200m D+, 5h
- 23/05, Pic de Besiberri Sud -3030m- (Esp., Catalogne), 1530m D+, 8h50
- Course à pied : 223 km (dont 45 en compétition), 23h55
- Vélo : 232,9 km, 9h10
- Randonnée : 2730 m D+, 13h50
Pour juin :
Les 15 premiers jours seront consacrés à de l'entraînement qualitatif (maintien VMA, sorties longues et seuil). Les 15 derniers à faire du jus...
dimanche 15 mai 2011
Course des Seigneurs, 36 km, 2100m D+
Ah je souhaitais préparer le Trail de la Restonica en courant une épreuve plus courte mais du même acabit ? Et bien je n'ai pas été déçu.
J’avais reperé ce trail un peu par hasard, en farfouillant le calendrier du challenge des trails du sud-ouest. Son petit frère, le trail de Quéribus fait partie du challenge découverte. 36 km, 2000m de D+ annoncés à 7 semaines du Trail de la Restonica, cela m’a paru être un bon point d’étape à la fois par la distance et le dénivelé : environ moitié moins sur les deux plans que mon prochain objectif majeur.
Je pars cependant avec deux semaines d’entraînement assez chargées, les batteries à plat. Qu’importe, j’y suis pour me tester et notamment pour reprendre goût à l’effort long et éprouvant.
Cucugnan est en tout cas un chouette petit village, perché sur un promontoire, cerné quasiment de toutes part de montagnes culminant entre 500 et 900m d’altitude. Le Château de Quéribus, ruiné, le domine.
Je récupère mon dossard vers 7h15. Le départ est prévu à 8h. Un petit café, je m’habille et part m’échauffer quelques minutes dans les ruelles quasi désertes de Cucugnan. Le vent est fort et des rafales de plus de 70 km/h sont attendues en crète. Certes le temps est dégagé mais je préfère garder ma veste en prévision des passages sur les hauteurs que je prévois particulièrement difficiles et froids. La suite de la course me dira rapidement que ce fut ma première erreur de jugement.
De Cucugnan à Quéribus
En écoutant le briefing sur la ligne, je constate avec bonheur que nous ne serons pas nombreux à courir. Une centaine pas plus. Cela promet peu d’embouteillages ! Je garde ma veste sur moi.
Les premiers hectomètres dans le village sont parcourus rapidement. Nous en sortons en descente par une piste. J’ai vite chaud. J’ai même très chaud. Je décide de retirer mon coupe-vent. Je me fais alors dépasser par une bonne quinzaine de coureurs en perdant un temps fou à gérer mon sac, mes bâtons, mon coupe-vent dans la première montée ! Ca m’énerve passablement, moi qui suis habitué à être relativement bien organisé sur ces plans-là. Je m’en veux également de m’être fait avoir en conservant ma veste au départ.
Mais ce n’est pas grave. Je pense en avoir pour au moins 5 heures de course. Ce ne sont pas quelques secondes perdues dans les deux premiers kilomètres qui vont me perdre !
On arrive au Pas d’en-Gayraud (env. 450m). Et l’on bascule de l’autre côté pour le col de Parade. La descente est pentue et assez glissante. Le sol est sec. Certains sont au ralenti, d’autres sont à tombeau ouvert ! Je me situe entre les deux mais je me dis surtout que ça promet.
J’avais reperé ce trail un peu par hasard, en farfouillant le calendrier du challenge des trails du sud-ouest. Son petit frère, le trail de Quéribus fait partie du challenge découverte. 36 km, 2000m de D+ annoncés à 7 semaines du Trail de la Restonica, cela m’a paru être un bon point d’étape à la fois par la distance et le dénivelé : environ moitié moins sur les deux plans que mon prochain objectif majeur.
Je pars cependant avec deux semaines d’entraînement assez chargées, les batteries à plat. Qu’importe, j’y suis pour me tester et notamment pour reprendre goût à l’effort long et éprouvant.
Cucugnan est en tout cas un chouette petit village, perché sur un promontoire, cerné quasiment de toutes part de montagnes culminant entre 500 et 900m d’altitude. Le Château de Quéribus, ruiné, le domine.
Je récupère mon dossard vers 7h15. Le départ est prévu à 8h. Un petit café, je m’habille et part m’échauffer quelques minutes dans les ruelles quasi désertes de Cucugnan. Le vent est fort et des rafales de plus de 70 km/h sont attendues en crète. Certes le temps est dégagé mais je préfère garder ma veste en prévision des passages sur les hauteurs que je prévois particulièrement difficiles et froids. La suite de la course me dira rapidement que ce fut ma première erreur de jugement.
De Cucugnan à Quéribus
En écoutant le briefing sur la ligne, je constate avec bonheur que nous ne serons pas nombreux à courir. Une centaine pas plus. Cela promet peu d’embouteillages ! Je garde ma veste sur moi.
Les premiers hectomètres dans le village sont parcourus rapidement. Nous en sortons en descente par une piste. J’ai vite chaud. J’ai même très chaud. Je décide de retirer mon coupe-vent. Je me fais alors dépasser par une bonne quinzaine de coureurs en perdant un temps fou à gérer mon sac, mes bâtons, mon coupe-vent dans la première montée ! Ca m’énerve passablement, moi qui suis habitué à être relativement bien organisé sur ces plans-là. Je m’en veux également de m’être fait avoir en conservant ma veste au départ.
Mais ce n’est pas grave. Je pense en avoir pour au moins 5 heures de course. Ce ne sont pas quelques secondes perdues dans les deux premiers kilomètres qui vont me perdre !
On arrive au Pas d’en-Gayraud (env. 450m). Et l’on bascule de l’autre côté pour le col de Parade. La descente est pentue et assez glissante. Le sol est sec. Certains sont au ralenti, d’autres sont à tombeau ouvert ! Je me situe entre les deux mais je me dis surtout que ça promet.
| En plein vent, sous Quéribus |
On traverse la route et on entame la montée vers Quéribus. Je me sens bien. Je dépasse quelques coureurs et ne me fais pas reprendre. Après avoir longé le ruisseau des Bruyères, on rejoint le sentier Cathare. C’est déjà le 5ème kilomètre. Et on monte ainsi jusqu’à Quéribus. Le sentier, sur les crêtes devient très technique. Je jubile ! Enfin ! Je rattrape encore quelques coureurs, moins à l’aise que moi sur ce type de terrain. Le vent devient très présent et très gênant, notamment sous le château à tel point qu’il est parfois vraiment très difficile d’avancer.
De Quéribus à Peyrepertuse
Depuis le départ, nous avons à ce stade parcouru 9 km et grimpé plus de 750m. Il est temps de redescendre. Le terrain redevient plus confortable. Au parking sous le château, un ravitaillement nous attend mais je ne m’y arrête pas. J’ai de bonnes sensations : personne ne me rattrape dans la descente et je remonte là encore deux concurrents.
Arrivé à un point bas au km 11,5, je dépasse encore trois coureurs. Nous remontons dans les vignes et l’un des coureurs derrière moi me rattrape et me dépasse à son tour. Je tente de m’accrocher. Nous prenons pied alors sur une piste que j’avais remarquée sur le tracé : près de 3 km à plat avant le fameux mur vers le Roc du Courdas. J’avais imaginé un instant de répit à cet endroit. Las, le vent est de face et vraiment puissant. Mon compagnon de route me propose de courir en nous relayant pour nous économiser. J’accepte. Il prend un premier relais, j’enchaîne et de nouveau il prend la tête. Et là je ne peux plus suivre. Non que j’ai un coup de moins bien mais juste que lui va à un rythme trop élevé pour moi.
Puis se présente au 16ème kilomètre le fameux mur. Un ravitaillement en eau nous est proposé mais là encore je ne m’y arrête pas. Un coup d’oeil à gauche et j’en ai la certitude : ces 500 m de montée ne vont pas être de tout repos. La pente est forte et le sentier est droit ! La première moitié se déroule à nu. Pas d’arbre, rien. Puis nous disparaissons sous une végétation très dense. Quelques pierriers dans lesquels je me bénis d’avoir emporté mes bâtons.
Les positions ne bougent pas. Je ne rattrape personne et personne ne me rejoint non plus. Mon altimètre m’indique une vitesse de montée assez rapide mais je n’en vois pas le bout. A un moment, je me demande même si je suis toujours sur la bonne trace. Mais une marque vient me rassurer.
Enfin, je débouche sur la crête. Je m’attends à prendre le vent direct de pleine face, mais ce n’est pas le cas. Bizarrement il est ici moins fort que 500 m plus bas.
On est maintenant sur le fil. Le sentier est vraiment très délicat et technique. Des montées, des descentes, beaucoup de rochers. Au niveau de la Quille, les bois font place à une clairière. Le relief s’adoucit et le paysage est vraiment superbe. On remarque à droite Peyrepertuse qui se rapproche.
Vers le 22ème kilomètre, à l'endroit où nous retrouvons le Chemin Cathare, la pile de mon GPS rend l'âme. Plus de repère kilométrique !
| Sous Peypertuse |
Et depuis le fameux mur, je cours seul... La piste fait place à une portion goudronnée indiquant les derniers hectomètres avant les ruines du château. Des bénévoles nous indiquent qu’il faut prendre un sentier sur la gauche. Le sentier, tout en montée, nous fait longer les contreforts du château avant de retrouver la route et son parking à touristes où un pointage est effectué.
De Peyrepertuse à Cucugnan
A ce moment, je ne suis pas très bien. J’ai soif d’eau. Heureusement, la providence est avec moi et je dégote miraculeusement quelques centilitres d'eau plate...
De Peyrepertuse à Cucugnan
A ce moment, je ne suis pas très bien. J’ai soif d’eau. Heureusement, la providence est avec moi et je dégote miraculeusement quelques centilitres d'eau plate...
Mais je me fais rattraper dans la descente vers Duilhac. C’est la féminine que j’avais dépassée sous Quéribus. Elle me demande combien il reste de kilomètre. Je lui explique que mon GPS est tombé en rade de batterie mais que selon mes estimations, une bonne dizaine.
La descente est technique mais (donc) très grisante.
Enfin, c’est Duilhac. Et l’ultime ravitaillement, celui auquel j’avais prévu de reprendre de l’eau. Je bois deux verres de coca et me fait verser un demi litre d’eau dans ma poche avant d’y ajouter de la poudre magique...
Et je repars. Pas très vite, je n’ai pas encore repris vraiment du poil de la bête. Et d’ailleurs je me fais encore reprendre par deux concurrents avant le dernier mur, celui qui nous remonte au Pas d’en Gayraud. J’ai vraiment du mal à garder un rythme correct mais je m’accroche.
La descente est technique mais (donc) très grisante.
Enfin, c’est Duilhac. Et l’ultime ravitaillement, celui auquel j’avais prévu de reprendre de l’eau. Je bois deux verres de coca et me fait verser un demi litre d’eau dans ma poche avant d’y ajouter de la poudre magique...
Et je repars. Pas très vite, je n’ai pas encore repris vraiment du poil de la bête. Et d’ailleurs je me fais encore reprendre par deux concurrents avant le dernier mur, celui qui nous remonte au Pas d’en Gayraud. J’ai vraiment du mal à garder un rythme correct mais je m’accroche.
Cette dernière montée est particulièrement terrible. C’est simple, c'est droit dans la pente. La féminine qui m’avait dépassé à Peyrepertuse est juste devant. Mais je n’arrive pas à revenir sur elle. Au Pas d’en-Gayraud, la vue se dégage et je vois avec bonheur Cucugnan. Je sais qu’il ne reste plus que la descente empruntée au départ de la course. Je reste dans le sillon de la féminine. Les deux coureurs qui m’avaient repris après Duilhac sont trop loin. Je sais que je ne les reprendrai pas. Je regarde derrière, personne. C’est bon je tiens ma place. Dans les ultimes hectomètres, je reprends la féminine qui me dit qu’elle souffre de sa sciatique. Elle marche, je cours et boucle ce très beau trail en 4h49'. Je finirai 29è/91, une place tout à fait honorable pour moi.
C’était une course très exigeante notamment en termes de dénivelé. 2100 m à mon altimètre. Pour “seulement” 36 km... Malgré un coup de mou aux alentours du 30ème kilomètre, je suis assez satisfait de ma course.
C’était une course très exigeante notamment en termes de dénivelé. 2100 m à mon altimètre. Pour “seulement” 36 km... Malgré un coup de mou aux alentours du 30ème kilomètre, je suis assez satisfait de ma course.
En témoigne le profil :
Le site est vraiment superbe, les sentiers parfois techniques, parfois roulants. Les “murs” sont un défi physique mais aussi moral !
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