dimanche 15 mai 2011

Course des Seigneurs, 36 km, 2100m D+


Ah je souhaitais préparer le Trail de la Restonica en courant une épreuve plus courte mais du même acabit ? Et bien je n'ai pas été déçu.
J’avais reperé ce trail un peu par hasard, en farfouillant le calendrier du challenge des trails du sud-ouest. Son petit frère, le trail de Quéribus fait partie du challenge découverte. 36 km, 2000m de D+ annoncés à 7 semaines du Trail de la Restonica, cela m’a paru être un bon point d’étape à la fois par la distance et le dénivelé : environ moitié moins sur les deux plans que mon prochain objectif majeur.
Je pars cependant avec deux semaines d’entraînement assez chargées, les batteries à plat. Qu’importe, j’y suis pour me tester et notamment pour reprendre goût à l’effort long et éprouvant.
Cucugnan est en tout cas un chouette petit village, perché sur un promontoire, cerné quasiment de toutes part de montagnes culminant entre 500 et 900m d’altitude. Le Château de Quéribus, ruiné, le domine.
Je récupère mon dossard vers 7h15. Le départ est prévu à 8h. Un petit café, je m’habille et part m’échauffer quelques minutes dans les ruelles quasi désertes de Cucugnan. Le vent est fort et des rafales de plus de 70 km/h sont attendues en crète. Certes le temps est dégagé mais je préfère garder ma veste en prévision des passages sur les hauteurs que je prévois particulièrement difficiles et froids. La suite de la course me dira rapidement que ce fut ma première erreur de jugement.

De Cucugnan à Quéribus
En écoutant le briefing sur la ligne, je constate avec bonheur que nous ne serons pas nombreux à courir. Une centaine pas plus. Cela promet peu d’embouteillages ! Je garde ma veste sur moi.
Les premiers hectomètres dans le village sont parcourus rapidement. Nous en sortons en descente par une piste. J’ai vite chaud. J’ai même très chaud. Je décide de retirer mon coupe-vent. Je me fais alors dépasser par une bonne quinzaine de coureurs en perdant un temps fou à gérer mon sac, mes bâtons, mon coupe-vent dans la première montée ! Ca m’énerve passablement, moi qui suis habitué à être relativement bien organisé sur ces plans-là. Je m’en veux également de m’être fait avoir en conservant ma veste au départ.
Mais ce n’est pas grave. Je pense en avoir pour au moins 5 heures de course. Ce ne sont pas quelques secondes perdues dans les deux premiers kilomètres qui vont me perdre !
On arrive au Pas d’en-Gayraud (env. 450m). Et l’on bascule de l’autre côté pour le col de Parade. La descente est pentue et assez glissante. Le sol est sec. Certains sont au ralenti, d’autres sont à tombeau ouvert ! Je me situe entre les deux mais je me dis surtout que ça promet.

En plein vent, sous Quéribus

On traverse la route et on entame la montée vers Quéribus. Je me sens bien. Je dépasse quelques coureurs et ne me fais pas reprendre. Après avoir longé le ruisseau des Bruyères, on rejoint le sentier Cathare. C’est déjà le 5ème kilomètre. Et on monte ainsi jusqu’à Quéribus. Le sentier, sur les crêtes devient très technique. Je jubile ! Enfin ! Je rattrape encore quelques coureurs, moins à l’aise que moi sur ce type de terrain. Le vent devient très présent et très gênant, notamment sous le château à tel point qu’il est parfois vraiment très difficile d’avancer.

De Quéribus à Peyrepertuse
Depuis le départ, nous avons à ce stade parcouru 9 km et grimpé plus de 750m. Il est temps de redescendre. Le terrain redevient plus confortable. Au parking sous le château, un ravitaillement nous attend mais je ne m’y arrête pas. J’ai de bonnes sensations : personne ne me rattrape dans la descente et je remonte là encore deux concurrents.
Arrivé à un point bas au km 11,5, je dépasse encore trois coureurs. Nous remontons dans les vignes et l’un des coureurs derrière moi me rattrape et me dépasse à son tour. Je tente de m’accrocher. Nous prenons pied alors sur une piste que j’avais remarquée sur le tracé : près de 3 km à plat avant le fameux mur vers le Roc du Courdas. J’avais imaginé un instant de répit à cet endroit. Las, le vent est de face et vraiment puissant. Mon compagnon de route me propose de courir en nous relayant pour nous économiser. J’accepte. Il prend un premier relais, j’enchaîne et de nouveau il prend la tête. Et là je ne peux plus suivre. Non que j’ai un coup de moins bien mais juste que lui va à un rythme trop élevé pour moi.
Puis se présente au 16ème kilomètre le fameux mur. Un ravitaillement en eau nous est proposé mais là encore je ne m’y arrête pas. Un coup d’oeil à gauche et j’en ai la certitude : ces 500 m de montée ne vont pas être de tout repos. La pente est forte et le sentier est droit ! La première moitié se déroule à nu. Pas d’arbre, rien. Puis nous disparaissons sous une végétation très dense. Quelques pierriers dans lesquels je me bénis d’avoir emporté mes bâtons.
Les positions ne bougent pas. Je ne rattrape personne et personne ne me rejoint non plus. Mon altimètre m’indique une vitesse de montée assez rapide mais je n’en vois pas le bout. A un moment, je me demande même si je suis toujours sur la bonne trace. Mais une marque vient me rassurer.
Enfin, je débouche sur la crête. Je m’attends à prendre le vent direct de pleine face, mais ce n’est pas le cas. Bizarrement il est ici moins fort que 500 m plus bas.
On est maintenant sur le fil. Le sentier est vraiment très délicat et technique. Des montées, des descentes, beaucoup de rochers. Au niveau de la Quille, les bois font place à une clairière. Le relief s’adoucit et le paysage est vraiment superbe. On remarque à droite Peyrepertuse qui se rapproche.
Vers le 22ème kilomètre, à l'endroit où nous retrouvons le Chemin Cathare, la pile de mon GPS rend l'âme. Plus de repère kilométrique !

Sous Peypertuse
Et depuis le fameux mur, je cours seul... La piste fait place à une portion goudronnée indiquant les derniers hectomètres avant les ruines du château. Des bénévoles nous indiquent qu’il faut prendre un sentier sur la gauche. Le sentier, tout en montée, nous fait longer les contreforts du château avant de retrouver la route et son parking à touristes où un pointage est effectué.

De Peyrepertuse à Cucugnan
A ce moment, je ne suis pas très bien. J’ai soif d’eau. Heureusement, la providence est avec moi et je dégote miraculeusement quelques centilitres d'eau plate...
Mais je me fais rattraper dans la descente vers Duilhac. C’est la féminine que j’avais dépassée sous Quéribus. Elle me demande combien il reste de kilomètre. Je lui explique que mon GPS est tombé en rade de batterie mais que selon mes estimations, une bonne dizaine.
La descente est technique mais (donc) très grisante.
Enfin, c’est Duilhac. Et l’ultime ravitaillement, celui auquel j’avais prévu de reprendre de l’eau. Je bois deux verres de coca et me fait verser un demi litre d’eau dans ma poche avant d’y ajouter de la poudre magique...
Et je repars. Pas très vite, je n’ai pas encore repris vraiment du poil de la bête. Et d’ailleurs je me fais encore reprendre par deux concurrents avant le dernier mur, celui qui nous remonte au Pas d’en Gayraud. J’ai vraiment du mal à garder un rythme correct mais je m’accroche. 
Cette dernière montée est particulièrement terrible. C’est simple, c'est droit dans la pente. La féminine qui m’avait dépassé à Peyrepertuse est juste devant. Mais je n’arrive pas à revenir sur elle. Au Pas d’en-Gayraud, la vue se dégage et je vois avec bonheur Cucugnan. Je sais qu’il ne reste plus que la descente empruntée au départ de la course. Je reste dans le sillon de la féminine. Les deux coureurs qui m’avaient repris après Duilhac sont trop loin. Je sais que je ne les reprendrai pas. Je regarde derrière, personne. C’est bon je tiens ma place. Dans les ultimes hectomètres, je reprends la féminine qui me dit qu’elle souffre de sa sciatique. Elle marche, je cours et boucle ce très beau trail en 4h49'. Je finirai 29è/91, une place tout à fait honorable pour moi.

C’était une course très exigeante notamment en termes de dénivelé. 2100 m à mon altimètre. Pour “seulement” 36 km... Malgré un coup de mou aux alentours du 30ème kilomètre, je suis assez satisfait de ma course.

En témoigne le profil :



Le site est vraiment superbe, les sentiers parfois techniques, parfois roulants. Les “murs” sont un défi physique mais aussi moral !

vendredi 6 mai 2011

Bilan mensuel : avril 2011

Bilan course à pied de ce mois d'avril :
  • 2 séances VMA : 10/04 (9,5 km), 25/04 (9,8 km)
  • 6 séances endurance : 3/04 (1h - 10,7 km), 4/04 (45' - 8 km), 6/04 (1h - 11,2 km), 9/04 (1h - 10,6 km), 24/04 (1h - 11 km), 29/04 (1h - 10,7 km)
  • 1 sorties seuil : 13/04 (30' + 3*10' R2' + RAC 10' - 14,1 km)
  • 2 sorties longues : 15/04 (Moulis - 2h09 - 13,6 km - 950m D+), 27/04 (Die - 2h32 - 18,1 km - 1000m D+)
Bilan vélo :
  • 4 sorties :  1/04 (2h04 - 43,6 km), 4/04 (1h32 - 37,7 km), 11/04 (1h32 - 35,3 km), 17/04 (3h08 - 75 km)
Autre :
  • Alpinisme : Arbizon par couloir N (20/04, 1400m D+, AD)

Total :
  • 16 sorties (11 en càp, 4 à vélo, 1 alpi)
  • 127,7 km à pied, 191 à vélo
  • 13h34' d'entraînement à pied, 8h18 à vélo, 11h en montagne (soit 32h52')
  • 9,3 km/h en entraînement
  • 1950m D+ (càp), 1400m D+ en alpinisme, 1740m D+ à vélo
En résumé :

Avril fut un mois de récupération. Beaucoup de séances peu traumatisantes (vélo, endurance, montagne) et kilométrage en baisse. Une gastro en fin de mois a quelque peu ralentit ma reprise des séances qualitatives.
Au final, j'ai l'impression d'avoir complètement récupéré de l'Ecotrail.

Pour mai :

Les choses sérieuses reprennent. Une forte disponibilité en fin de mois me permettra de mettre l'accent sur un travail de seuil et de dénivelé important. De longues sorties vélo et montagne sont aussi au programme.
Côté compétition, les Trail des Seigneurs, à Cucugnan, me permettra de me jauger sur un profil assez accidenté : 2200m D+ sur 36 km, c'est-à-dire à peu près la moitié du Trail de la Restonica.

mercredi 27 avril 2011

Sortie longue à DIe, Drôme

En vacances dans la Drôme, j'ai effectué avec Kévin une jolie sortie longue depuis mon lieu de résidence (Die, lieu-dit St-Sornin).
Montée au Col de Vassieux (1333) puis au col de la Chau (1431) par le GR9.
Les sentiers sont très agréables et alternent confort et parties plus minérales et techniques.
La cerise sur le gâteau fut la surprise d'observer fugitivement deux bouquetins dont l'un bondissant dans un pierrier à moins de 30 mètres.
Au bilan, 18 km pour 1070m D+ en 2h30. Météo belle mais beaucoup de vent froid en crête.
Bonnes sensations.

Quelques photos prises avant que mon téléphone ne "beugue" :

Dans la montée vers le col de Vassieux

Vue sur la vallée de la Drôme

Au col de Vassieux, une ambiance venteuse

On doit descendre tout en bas

vendredi 15 avril 2011

Sortie longue à Moulis, Ariège

Aujourd'hui, première sortie longue depuis l'Ecotrail de Paris. Au programme, 2h10 dont 2 x 30' en cote à 75-80 % FCmax.
Le temps était beau à couvert avec un peu de vent.
J'avais retenu, depuis le village de Moulis, la montée en A/R vers la Croix du Char (721) et le Cap de la Pene (912). J'ai effectué ce trajet deux fois : 30' de montée et 18 minutes de descente, tranquille.
Au total, 13,7km et 950m D+, FCmoy 147.
Les sensations étaient cependant moyennes.

Quelques photos

Moulis, vu d'en-haut

Plaine de Couserans et St-Girons

Vers les Pyrénées, peu enneigées pour la saison

Avant la Croix du Char, le passage du Maveret

Le Cap de la Pene

La Croix du Char

Engomer

Jolie cabane sur le parcours

Le Lez, à Moulis

La Croix du char, depuis Moulis

lundi 4 avril 2011

Bilan mensuel : mars 2011

Bilan course à pied de ce mois de mars :
  • 1 séance VMA : 9/03 (9,2 km)
  • 6 séances endurance : 1/03 (1h10 - 12,6 km), 7/03 (1h - 9,7 km), 8/03 (1h10 - 12,3 km), 15/03 (1h02 - 10,6 km), 18/03 (1h - 11,3 km), 19/03 (1h - 10,6 km)
  • 3 sorties seuil : 5/03 (30' + 3*9' R2' + RAC 10' - 13,4 km), 13/03 (45' + 4*10' R2' + RAC 10' - 19,2 km), 16/02 (30' + 3*8' R2' + RAC 3'30 - 12,2 km)
  • 1 sortie longue : 11/03 (Bourg-de-Bigorre - 2h35 - 19,7 km - 1000m D+)
  • 3 sorties légères pré-compétition : 22/03 (31' - 5,9 km), 23/03 (28' - 5,4 km), 25/03 (25' - 4,9 km)
  • 2 compétitions : Trail du Massif de Fontfroide (23 km - 850m D+ - Récit là), Ecotrail de Paris (82 km - 1500m D+ - Récit ici)
Total :
  • 16 sorties (dont deux compétitions)
  • 263 km (dont 106 en compétition)
  • 15h35' d'entraînement, 12h17 de compétition
  • 10,2 km/h en entraînement
  • 3125m D+ (càp)
En résumé :

Pour ce mois de mars, l'objectif était tourné vers Paris et l'Ecotrail du 26 mars. Le plus gros du travail était programmé en début de mois et j'ai notamment réalisé une grosse semaine du 7 au 13 avec 70 km et cinq sorties. Dix jours avant l'objectif, relâche.
Côté compétitions, j'en ai couru deux. En plus de l'Ecotrail, qui s'est très bien déroulé, je suis allé arpenter les sentiers du massif de Fontfroide pour un trail court mais nerveux malgré son dénivelé. Un bon moment même si la forme n'était pas nécessairement au rendez-vous.



Pour avril :

Place à la récupération. Je ne reprendrai les sorties qualitatives qu'à partir du 11 avril. Je compte afficher environ 150 à 160 km de course à pied, pas plus.
Quelques sorties vélo et montagne sont au programme afin de soulager les articulations tout en maintenant un certain volume de travail.
Courage, plus que trois mois avant mon prochain gros objectif : le Restonica Trail, le 2 juillet.

jeudi 31 mars 2011

Mon plan d'entraînement pour l'Ecotrail 80 km

Je livre ici le plan d'entraînement que j'ai suivi pour l'Ecotrail 80 km. Il est basé sur quatre séances par semaine. Une séance de VMA, une séance d'assimilation, une séance de seuil et une sortie longue. J'ai pu parfois rajouter une séance ou devoir en supprimer (maladie, indisponibilité...). J'ai également remplacé une séance endurance par une sortie vélo.
S'agissant de la VMA, si la séance classique est le 30/30, j'ai également essayé de varier les exercices (cotes, pyramide, 200m).
Pour le seuil, j'ai tenté une progression hebdomadaire de la durée.
Les sorties longues étaient également placées sous le signe de la qualité. Je n'ai pas nécessairement introduit beaucoup de dénivelée (l'Ecotrail est roulant) mais j'ai essayé de varier les allures et les intensités afin de travailler sur la durée différents rythmes cardiaques et différentes vitesses.

D'un point de vue plus "stratégique", j'ai suivi un plan hebdomadaire avec une progression semaine par semaine (durée et intensité) en introduisant une semaine de repos toutes les quatre semaines. Une gastro en deuxième semaine a perturbé mon programme que j'ai essayé de rattraper ensuite.

Enfin, j'ai participé à deux compétitions sans pression. L'une (le trail des gariottes) m'a permis de tester mes progrès en vitesse, l'autre (le trail de Fontfroide) mes progrès en force mentale !

En détail, voici l'ensemble des séances qui m'ont mené à l'Ecotrail :

Semaine 1
Lundi 3/01 : VMA (END 25' + 2*7*30/30 r3' + RAC 10', 8,1 km, FCmoy 153, FCmax 182)
Mercredi 5/01 : Endurance (1h, 10 km, FCmoy 148)
Vendredi 7/01 : Sortie longue (2h05, 14,4 km, 800m D+, FCmoy 145)
Dimanche 9/01 : Seuil (END 30' + 3*8' à 85% r2' + RAC 10', 11,9 km, FCmoy 148, FCmax 171)
Bilan S1 : 5h07, 44,4 km, 800m D+

Semaine 2
Lundi 10/01 : VMA (END 30' + 2*8*30/30 r3' + RAC 10', 9 km, FCmoy 150, FCmax 182)
Mercredi 12/01 : Endurance (1h, 10,2 km, FCmoy 147)
Bilan S2 : 1h59, 19,2 km. Gastro le jeudi, grrrrrr. Arrêt jusqu'à la fin de semaine.

Semaine 3
Lundi 17/01 : Endurance (1h, 10,5 km, FCmoy 144)
Mercredi 19/01 : VMA (END 30' + 2*8*30/30 r3' + RAC 10', 9,5 km, FCmoy 150, FCmax 182)
Vendredi 21/01 : Sortie longue (2h30, 21 km, 800m D+, FCmoy 145)
Dimanche 23/01 : Seuil (END 30' + 9' + 10' + 9' à 85% FC r2' + RAC 10', 13,2 km, FCmoy 150, FCmax 171)
Bilan S3 : 5h43, 54,2 km, 800m D+

Semaine 4
Lundi 24/01 : Endurance (1h, 10,7 km, FCmoy 146)
Mercredi 26/01 : VMA (END 30' + 2*8*200m r45", 3' entre les 2 séries + RAC 10', 10,8 km, FCmoy 152, FCmax 183)
Dimanche 30/01 : Seuil (END 30' + 3*8' à 85% r2' + RAC 10', 12,4 km, FCmoy 151, FCmax 171)
Bilan S4 : 3h16, 33,9 km

Semaine 5
Mardi 01/02 : Endurance (1h, 10,5 km, FCmoy 149)
Mercredi 02/02 : VMA (END 25' + 4*1'en cote r1'30" + 4*40" en cote r1' + 4*20" en cote r30", R2' + RAC 10', 9,8 km, FCmoy 151, FCmax 183)
Vendredi 04/02 : Sortie longue (2h04, END 15' + 3*20' 80% R5' + 2*10' V42 + 5' seuil + RAC 5', 18,4 km, 570m D+, FCmoy 155)
Samedi 05/02 : Seuil (END 40' + 3*9' à 85% r2' + RAC 10', 14,6 km, FCmoy 145, FCmax 171)
Bilan S5 : 5h27, 53,3 km, 570m D+

Semaine 6
Lundi 7/02 : VMA (END 30' + 2*10*30/30, r3' + RAC 10', 9,9 km, FCmoy 148, FCmax 178)
Mercredi 9/02 :  Endurance (1h + 10 LD, 11,8 km, FCmoy 145)
Vendredi 11/02 : Sortie longue  (2h04, END 15' + 3*20' 80% R5' + 2*10' V42 + 5' seuil + RAC 5', 19 km, 570m D+, FCmoy 155)
Dimanche 23/01 : Seuil (END 40' + 4*9' à 85% FC r2' + RAC 10', 17 km, FCmoy 152, FCmax 172)
Bilan S6 : 5h51, 57,7 km, 570m D+

Semaine 7
Mardi 15/02 : Endurance (1h + 10 LD, 12,6 km, FCmoy 147)
Mercredi 16/02 :  VMA (END 25' + 8*45/30 r2' + 8*30/30 r1'30" + 8*15/15 r1' + RAC 10', 9,8 km, FCmoy 149, FCmax 180)
Vendredi 18/02 : Seuil (END 30' + 3*8' à 85% r2' + RAC 10', 13 km, FCmoy 149, FCmax 172)
Dimanche 20/02 : Trail des Gariottes, 3h17, 34km
Bilan S7 : 6h38, 69,4 km, 500m D+

Semaine 8
Mercredi 23/02 :  Endurance (45', 8,2 km, FCmoy 142)
Vendredi 25/02 : Vélo (1h57, 50,2 km, FCmoy 133)
Dimanche 27/02 : Endurance (1h -dont 5' vite-, 11,3 km, FCmoy 146)
Bilan S8 : 1h45, 19,5 km de course à pied, 1h57, 50,2 km à vélo

Semaine 9
Lundi 28/02 : VMA (END 25' + 4*200m r45" + 2*400m r1' + 1*500m r1'15" + 2*400m r1' + 4*200m r45" + RAC 10', 10,3 km, FCmoy 153, FCmax 185)
Mardi 01/03 :  Endurance (1h + 10 LD, 12,7 km, FCmoy 146)
Samedi 05/03 : Seuil (END 30' + 3*9' à 85% r2' + RAC 10', 13, km, FCmoy 154, FCmax 172)
Dimanche 06/03 : Trail de Fontfroide, 2h20, 23km
Bilan S9 : 5h45, 61 km, 800m D+

Semaine 10
Lundi 7/03 : Endurance (1h, 9,7 km, FCmoy 132)
Mardi 8/03 :  Endurance (1h + 10 LD, 12,3 km, FCmoy 142)
Mercredi 9/03 : VMA (END 25' + 2*10*30/30 r3' + RAC 10', 9,2 km, FCmoy 146, FCmax 172)
Vendredi 11/03 : Sortie longue  (2h35, END 15' + 4*20' 80% R5' + 3*8' V42 + 5' seuil + RAC 5', 20 km, 1000m D+, FCmoy 149)
Dimanche 13/03 : Seuil (END 45' + 4*10' à 85% FC r2' + RAC 10', 19,2 km, FCmoy 152, FCmax 174)
Bilan S10 : 7h26, 70,4 km, 1000m D+

Semaine 11
Mardi 15/03 : Endurance (1h02, 10,6 km, FCmoy 143)
Mercredi 16/03 : Seuil (END 30' + 3*8' à 85% r2' + RAC 10', 12,2, km, FCmoy 147, FCmax 168)
Vendredi 18/03 :  Endurance (1h, 11,3 km, FCmoy 144)
Samedi 19/03 : Endurance (1h, 10,6 km, FCmoy 138)
Bilan S11 : 4h07, 44,7 km

Semaine 12
Mardi 22/03 : Allègement (END 20' + 4*400 r1', 5,9 km)
Mercredi 23/03 : Allègement (END 20' + 3*400 r1', 5,4 km)
Vendredi 25/03 : Allègement (END 20' + 2*400 r1', 4,9 km)
Samedi 26/03 : ECOTRAIL (83km, 9h57)
Bilan S12 : 11h24, 98,4 km

Maintenant, je vais privilégier le repos puis reprendre par un peu de vélo, de l'endurance et enfin à compter du 11 avril je repars sur de la VMA et du seuil. La montagne va aussi retrouver une place dans mon agenda !

mardi 29 mars 2011

Ecotrail de Paris, 83km

Base de loisirs de St-Quentin-en-Yvelines. En ce samedi 26 mars 2011, à midi trente, je suis un coureur parmi 1800 autres coureurs massés derrière l’arche bleue qui matérialise le point de départ de la quatrième édition de l’Ecotrail. La présence de Sarah, Romain, Elodie et Flora, accompagnateurs et photographe officiels, me rendent l’attente moins angoissante. L’attente de quoi ? L’attente d’un ultra trail de 83 kilomètres, 10 heures de course à pied, 1500m de montées annoncés. La minute de silence à la mémoire des Japonais sinistrés, les applaudissements mérités aux nombreux bénévoles et les ultimes recommandations des organisateurs ne m’empêchent pas de m’interroger. Est-ce bien raisonnable ? Suis-je prêt ? Ai-je mangé suffisamment de pâtes et de riz ces derniers jours ? N’ai-je pas mésestimé ce que j’ai prévu d’emporter tant en liquide qu’en solide ? Mon équipe de suivi saura-t-elle trouver les points de ravitaillements et être prête à mon passage ?
La Team : Flora, Elo, Sarah et Romain

Assez de questions, les réponses sont évidentes : plus de 500 km d’entraînement depuis janvier, des pâtes ou du riz (voire les deux) à chaque repas depuis mardi, une équipe du crû munie d’un road book précis sont là pour me rassurer. Sauf pépin, duquel personne n’est à l’abri, je devrais pouvoir rallier le premier étage de la Tour Eiffel.




De la base de loisirs (km 0) à Buc (km 22)

Quelques secondes après avoir laissé partir une personne non voyante et son guide, le coup de feu est donné. Ma tendance naturelle et les conseils que j’ai pu glaner à droite et à gauche de mes différentes lectures sur ce trail me conduisent à adopter une allure tranquille sur cette première portion. Mon idée est de courir à 10 km/h jusqu’à Buc. Buc où le ravitaillement est placé dans une école ; Buc où Charles, que je n’ai pas vu depuis 18 mois, doit me rejoindre depuis Athis-Mons à vélo et retrouver Sarah et Romain, Elodie devant rentrer à Rambouillet coucher Flora !
On repasse par la case départ !

Les premiers kilomètres sont plats, vraiment plats. Une pause pipi s’impose et ce sont les canards de l’Etang de la base de loisirs de St-Quentin qui en paieront le prix… Le peloton est compact, dense, sur des sentiers peu larges. Pas grave, je n’ai pas l’intention de m’enflammer maintenant. Après un petit tour près des berges du lac, on repasse quasiment devant la ligne de départ et mon équipe, un peu surprise, est là. Les premiers encouragements sont déjà réconfortants.

Les premiers retours de mon Polar le sont tout autant : ma fréquence cardiaque est stable et, surtout, les relevés chronométriques que j’ai planifiés tous les cinq kilomètres me mettent en confiance. Je cours à 10 km/h précises ! Nous longeons de nombreuses pièces d’eau sur des sentiers très confortables. Plusieurs passages en milieu urbain, entre des barres d’immeubles et sur des passerelles rendent l’atmosphère assez surprenante. La plupart des gens que l’on croise montrent leur étonnement mais l’accueil, un peu distant, n’est pas hostile pour autant.


Quant aux parties « nature », elles ressemblent à l’idée que je m’en étais faite : de larges sentiers peu piégeux dans de belles forêts encore dénudées. Je prends quelques photos, je tiens mon rythme, j’accélère un peu dans les faux plats descendants, je ne m’enflamme pas dans les courtes montées et me voilà en vue de Buc. Ma seule crainte est maintenant de rater Sarah, Romain et Charles. Mais dans l’ultime descente de cette première étape, quelqu’un m’interpelle : « Samy ! » C’est Charles, à vélo, en casque. Je lui envoie un grand sourire. Il se colle à mes côtés et nous commençons à deviser, moi courant, lui roulant. Il a appelé ma sœur, tout va bien, ils m’attendent à l’école. Lui a eu peur de ne pas me reconnaître mais, de loin, il avoue avoir retrouvé mon « allure » et, malgré ma barbe (qui me vaudra plus loin des « allez Chabal ! »), m’a tout de suite remis. Depuis Athis-Mons, il a parcouru 37 km et m’attends depuis une bonne demi-heure. Je lui confie que je me sens bien et que j’ai l’impression d’en avoir sous la pédale.

Arrivée à Buc

Là-dessus, je franchis le premier point de contrôle. Cela fait 2h14’ que je cours ; je suis 953ème (mais je ne le sais pas !). Sarah et Romain se sont parfaitement bien placés pour me ravitailler. Je prends les gels, remplis ma poche à eau, mange un bout de cracker salé et bois beaucoup de St-Yorre. Il fait chaud et j’ai besoin de m’hydrater mais aussi de faire disparaître le goût de sucré qui commence à me saturer la bouche.

Romain, Sarah et Charles à Buc

Après avoir pris une photo de groupe, je laisse tout le monde là et repars pour la partie la plus longue : plus de 33 km sans ravitaillement, sans supporters et avec pour seul but celui de rallier Chaville sans y laisser toutes mes forces.

De Buc (km 22) à Chaville (km 56)

On nous avait prévenus. C’est d’abord la partie la plus longue. Elle est également la plus « accidentée ». Et sera celle qui me réservera une belle averse.

En repartant de Buc, je me sens aussi mal que possible. Mon sac est lourd. Les deux litres de boisson que j’emporte me pèsent deux tonnes. Le sac est inconfortable. Les jambes sont dures. Et le cardio s’emballe. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Le relief est moins roulant certes mais pas au point d’emballer la machine autant… J’essaie d’avaler un gel. Il passe mais c’est difficile. Il fait chaud, trop chaud et les premiers grondements de tonnerre se font entendre au loin. Je suis incapable d’en déterminer la provenance, nord, sud, est, ouest, le soleil est caché et les tours et détours dans les forêts franciliennes m’ont désorienté.

Les bosses se succèdent moins régulièrement que sur le profil de la course. Je reste scotché dans un peloton dont les coureurs se dépassent tous à tour de rôle.

Ma vitesse décroît franchement pour descendre aux environ de 8 minutes par kilomètre. Je ne souffre pas excessivement mais mes pieds me font mal et les genoux tirent…

L'Observatoire

Et il fait toujours aussi chaud. Encore quelques roulements de tonnerre et les premières gouttelettes tombent. Nous venons de passer le 40ème kilomètre. Il reste un marathon à courir. Une bagatelle !
A ce moment, quelque chose de miraculeux se déclenche. Mes douleurs disparaissent et je me mets à imprimer un rythme plus élevé que dans ces 15 derniers kilomètres. Le parcours n’est pourtant pas plus roulant. Je remarque un coureur qui me dépasse sur le plat, que je rattrape systématiquement dans les montées. On reste ainsi jusqu’à l’observatoire de Meudon, superbe bâtiment. A l’occasion d’un énième dépassement, je l’interpelle : « tu cours par à-coups toi ! » Il me réponds : « ah non, c’est toi, tu cours dans les montées… » C’est l’occasion : enfin un coureur avec qui discuter et avec lequel il semble possible de rester. C’est comme ça que nous traversons le parc de Meudon où un contrôle des équipements obligatoires, au kilomètre 48, est effectué à l’occasion du pointage. Les bénévoles vérifient que nous avons bien la frontale (je me rends alors compte qu’il est plus de 18h et que la nuit tombe), le brassard réfléchissant et la couverture de survie.

La formalité accomplie, je repars lentement pour attendre mon compagnon. Nous poursuivons la course sur un bon rythme. Notre sentiment est identique : nous avons bien l’impression de dépasser une flopée de coureurs et ne sommes rattrapés par quasiment personne. Que cette sensation est excitante !

Et, soudainement, l’averse redoutée nous tombe dessus. Il fallait s’y attendre, le tonnerre nous y avait préparés. La pluie est forte, très forte. En peu de temps, je suis rincé ! Je glisse à mon collègue : « j’enfile ma veste. » Je m’arrête sur le côté, sors la Salomon du sac et passe mon vêtement. Je me retrouve seul mais qu’importe les jambes répondent. Je continue de courir sans me poser de questions mais sans puiser trop dans les réserves.

La pluie persiste à tomber et a paradoxalement un effet revigorant sur mon métabolisme. Rien à dire, cela confirme que les conditions de chaleur ne sont pas faites pour moi. Je peux maintenant mieux me ravitailler et boire. L’averse se calme et une petite pluie fine la remplace. J'ai rangé mon appareil photo. Qu’importe, la température a sacrément diminué et c’est tant mieux. Quel bonheur de sentir que le corps répond à l’esprit et que la tête se reprend à rêver d’une fin de course moins difficile que ne l’ont été ces quinze bornes entre Buc et Meudon.

Huit kilomètres après Meudon, c’est le ravitaillement de Chaville. Chaville que l’on atteint après un long faux-plat montant. Et, toujours en jambes, c’est en courant et en dépassant nombre de coureurs que je retrouve enfin mes accompagnateurs. Romain me reconnaît au dernier moment. Il pensait me voir arriver en blanc, c’est en rouge que j’apparais. Il appelle Sarah et Kévin, qui les a rejoints. Je leur dis que je passe le pointage avant de faire la pause.

Une fois arrêté, nous discutons de la course. Je leur fais un topo sur cette portion. Kévin me dis que j’ai effectué une sacrée remontée. « Ah bon ? ». J’avais bien conscience de faire une belle seconde partie sur cette portion mais les chiffres en témoignent. Pointé au-delà de la 900ème place à Buc, Kévin m’annonce une moins-que-700ème-place à Meudon. Un coup de fil à notre mère, branchée sur Internet, vient enfoncer le clou. Je suis désormais aux alentours de la 590ème place. Je n’en reviens pas.


Ravitaillement

Il est 19h et j’ai mis 4h15 pour parcourir ces 34 km. Je refais le plein de liquide et de gels mais ne mange rien. Je ne veux surtout pas contrarier mon estomac, tout va bien !

De Chaville (km 56) à Sèvres (km 72)
Seize kilomètres entre ces deux points. En soi, 16 km, c’est quoi ? Une bonne séance de seuil ? Une petite sortie longue ? Eh bien pas sur l’Ecotrail. Sur l’Ecotrail, 16 km représentent un nouveau petit défi. Car courir 16 km après en avoir couvert 56 ce n’est pas rien. Ce n’est pas une séance de seuil ni une sortie longue. Ou alors c’est une sortie qui devient vraiment très longue.
En tout cas, après cinq minutes de pause, je reprends ma route, de nouveau seul. Quelques kilomètres dans les bois puis nous traversons Chaville. A ce moment, je suis interpelé par un coureur, derrière moi : « Tu as fait le trail des Citadelles ?
-         Oui.
-         Je suis Ariégeois. J’ai vu ton buff !
-         Ah oui. Moi je suis à Toulouse mais pas de la région.
-         Je connais le gars qui l’organise ce trail.
-         Ah ouais, c’est qui ?
-         Michel Arnaud.
-         Oui, je vois qui c’est, je l’ai croisé plusieurs fois sur les trails du challenge du sud-ouest. Le trail des Citadelles, j’y ai participé deux fois : sur le 20 km en 2009 et le 40 l’année dernière. Je voulais faire le 73 cette année, mais avec l’Ecotrail dans les pattes ce ne serait pas raisonnable.
-         Tu as raison, moi je l’ai fait quatre fois, chaque fois le 40. »

Et voilà donc que nous devisons sur les trails du sud-ouest, l’Ariège et les Pyrénées mais aussi la Saintélyon et du trail en général. L’entente est réciproque et c’est sans se concerter davantage que nous décidons de poursuivre la route ensemble. La plupart du temps nous courons. La nuit est déjà bien tombée et les nuages ajoutant à l’ambiance, il fait noir. Une à une, notre petit peloton grignote des places.
Mon Polar se met à sonner : « Ca veut dire que ta fréquence cardiaque est bonne ?
-         Non. Ca signifie que nous en sommes au 60ème km. »

Je lui explique que j’ai calé une alerte tous les 5 km.

Régulièrement nous enclenchons le mode marche afin de nous économiser des forces. Notre petite équipe est également efficace pour repérer les rubalises réfléchissantes. On ne s’égare pas. Les pièges n’étaient de toute façon pas là, mais au sol. Soudainement je bute contre une souche et m’affale de tout mon long. Pas d’ecchymoses ni de plaies, mais la douleur au bout des pieds est violente. Je tente de me dire que ce n’est que temporaire et essaie d’ignorer l’élancement que je ressens.

Et cela finit par disparaître. Preuve que tout va toujours bien sur cette partie. N’empêche, avec Matthieu (je saurais son nom à l’arrivée), nous subissons aussi quelques passages plus difficiles. Les quelques cotes, pourtant brèves, nous semblent de plus en plus infranchissables, nous apparaissent comme des murs.

Mon Polar bipe de nouveau. « 70ème kilomètre ?
-         Non, c’est le 65ème…
-         Pu#$@ù ! »

Le ravitaillement ne se rapproche jamais. Mais nous insistons. Nous essayons de courir le plus possible, sans nous enflammer mais en repoussant plus loin notre envie de nous remettre à marcher. Toujours quelques gouttes de pluie. Toujours aussi sombre. Paris ne nous tend pas encore ses bras alors que nous sommes à sa porte, dans le parc de Saint-Cloud. Mon Polar nous annonce le 70ème kilomètre. Encore deux bornes avant le ravitaillement. Soit un bon gros quart d’heure.

Et là, alors que nous perdons toute notion du temps et de distance, alors que nous pensions avoir encore un kilomètre à parcourir, le bruit d’un groupe électrogène nous met du baume au cœur ! C’est le ravitaillement tant attendu. Quand on y pense, quel paradoxe que ce soit un générateur d’électricité qui nous apporte la joie quand l’on court un éco-trail !

Je retrouve alors Sarah, Romain et Kévin. Romain shoote, Sarah ravitaille, Kévin donne les nouvelles : j’ai encore effectué une belle remontée au classement. Je me place aux environs de la 430ème place. C’est inespéré. Je leur raconte alors mon entente avec Matthieu qui est parti au niveau des stands pour se ravitailler. Et pendant que je recharge les batteries, ils me disent que ça n’a pas été facile pour eux d’atteindre ce point de ravitaillement dans le noir et qu’à un moment ils ont bien pensé ne pas être à l’heure pour me voir passer. Il est vrai qu’il y a beaucoup moins de public ici.

Dans l'attente du classement provisoire...

Il est plus de 21h à ce moment et je me débats dans cette épreuve depuis maintenant 8h34. Il reste 10 km à parcourir, les plus longs, les plus durs certainement. Je ne le sais pas, je ne suis jamais allé aussi loin. En tout cas, en repartant, je lance à mon équipe : « Bon bah rendez-vous à la Tour Eiffel maintenant ! » Les encouragements que je reçois en retour me donnent un surcroît d’énergie !

Du Parc de Saint-Cloud (km 73) au premier étage de la Tour Eiffel (km 83)

Je reprends donc la route. Au passage, je vois Matthieu affairé à un stand.
« Tu repars ?
-         Non, je dois encore remplir mon camel. Vas-y, bonne course !
-         Bonne fin de course à toi aussi. Je pense que tu vas me rattraper, tu es plus frais. »

Me voilà donc reparti seul avec en tête une détermination exacerbée. Depuis plus de trente kilomètres, je reprends un à un des coureurs sans me faire trop dépasser. J’ai réussi à courir et relancer davantage que d’autres. Je dois donc être capable de rallier cette satanée Dame de Fer dans de relatives bonnes conditions.

Mais la route vers la Tour est semée d’embûches. Dès la sortie du point de contrôle, je ne sais où il faut aller. Les piles de ma frontale sont faibles, j’aurais dû les changer avant le départ. Comme moi elles ont fait la Saintélyon mais contrairement à moi elles ne se sont pas rechargées !

Je vois un bénévole et lui demande le chemin, inquiet et brusquement. « C’est par où ? » L’enveloppe de la nuit est si sombre dans ce parc que j’ai peur de me perdre. Ce serait trop bête. Mais le bénévole me montre la voie. C’est en descente. Kévin m’avait prévenu et il avait raison. Je me mets en mode économie de foulée mais parviens à rattraper quelques concurrents. La sortie du parc est comme une délivrance. Enfin de la lumière, enfin du public. La fatigue, déjà bien envahissante, a fini par me gagner. La solitude est là également et ma foulée se contracte, se détériore, hoquète mais je ne marche toujours pas. Je reconnais là bien des lieux que j’ai déjà arpentés. Les trottoirs parisiens sont en terre ou pavés. Les quais n’ont rien d’urbain mais qu’importe. Chaque pas me rapproche de l’arrivée et j’ai beau marcher par moments, je cours, lentement la plupart du temps. Je ne fixe plus mon chrono. Je regarde droit devant, vers la Tour qui grandit minute après minute, lorsqu’elle ne disparaît pas derrière d’autres bâtiments.

De rares badauds m’encouragent mais point de foule en délire… La statue de la Liberté, l’île des Cygnes puis le parvis de la Tour. Enfin des spectateurs qui nous encouragent. J’allonge ma foulée, rattrape puis dépasse un coureur. Au pied du pilier, on me tâte le sac et on me donne un ticket pour monter les marches que j’attaque en courant. Un autre coureur que je dépasse me lance un « quelle forme ! ». Mais rapidement je reprends la marche. Deux autres concurrents sont juste devant mais je n’ai pas envie, pas la force, de les reprendre. Enfin l’arrivée, c’est fait, je passe en marchant.

9h56’57’’ de course. Je récupère mon tee-shirt finisher, d’un superbe rouge. J’enfile un verre de pepsi, un deuxième et là, le coureur avec qui j’ai parcouru quelques kilomètres vers Meudon me retrouve. Il a fini 2 minutes devant. Il est aussi de Toulouse ! Comme il dit, nous étions faits pour nous rencontrer. Puis Matthieu à son tour en termine. On se remercie mutuellement et on promet de se croiser un jour sur les sentiers ariégois.

A l'arrivée

Kévin, Sarah et Romain déboulent à ce moment ! Je ne pensais pas qu’ils pourraient monter jusqu’à l’arrivée. On s’embrasse, je les remercie de leur aide, ils me félicitent. Des photos, une petite bière et je me change. Pour repartir, on prendra… l’ascenseur !

L’aventure est terminée. Elle fut belle et se termine avec le sentiment d’avoir mené à bien un projet un peu inconnu en terrain connu.

Un grand merci à tous, et particulièrement à mes accompagnateurs sans lesquels je n’aurais pas pu faire aussi bien, à Charles pour être venu me voir passer à Buc, à tous ceux qui m’ont « suivi » sur le site live de la course, à ceux qui m’ont écrit (ils se reconnaîtront). J’ai reçu vos encouragements, ils m’ont porté.

Toute l'équipe !



Mon Ecotrail en chiffres
  • 83 kilomètres (plus ou moins…)
  • 1500 m de D+ (plus ou moins…)
  • 9h56’57’’ de course
  • 8,33 km/h de moyenne
  • 15 minutes de pause.
  • 10 gels plus ou moins bien avalés (2 anti-oxydants, 3 energix sucrés, 2 energix salés, 2 coups de fouet, 1 red tonic sprint air)
  • 5 litres de boisson énergétique et 1 litre de St-Yorre ingurgités
  • 1 chute à cause de la gravité mais sans gravité
  • Et un étage de Tour Eiffel gravi en 3’25’’ ! 

Quelques photos
 (Les photos sont de Sarah et moi. J'attends celles de Romain !)
 
Flora et son tonton

Concentré, mais souriant

Les derniers conseils de la Team

Quelle star !

Peu avant la gare de St-Quentin

Etang du Val-dOr
Charles me file un coup de main

St-Yorre, j'adore !

On reprend des forces

Et on discute un peu !

Quelques monotraces en montées...

...et en descente...

...et encore en montée.

L'arrivée à l'Observatoire de Meudon

L'Observatoire
Au-dessus de Paris
Tout va bien !

Qu'elle est belle, cette Tour !

Non ?
Mais si, mais si !
Yep !


Le profil du parcours