lundi 6 décembre 2010

Saintélyon 2010, 68 km, 1350m D+ / 1700m D-

Cette 57ème édition de la Saintélyon était particulière à bien des égards. La météo des jours précédents avait apporté de la neige, beaucoup de neige et le froid qui s'était bien installé l'a maintenue au sol, glacée par endroits. La météo de la nuit aussi : un départ sous des températures négatives, de l'ordre de -6 à -10°C... Et puis vraiment énormément de monde. 6000 inscrits sur la solo, 5000 partants et 4000 arrivants.

Ma course proprement dite :

Une première partie chaotique
Après un départ prudent dans les rues déneigées de St-Etienne, je me rends compte en voulant boire un coup que ma poche à eau était obstruée par la poudre magique que j'y avais mis et je perds 3 à 4 minutes sur le bord de la route à essayer de la déboucher en tapant dedans, en la sortant du sac et en m'énervant un peu -ca fait juste 2 fois que ça m'arrive en trois semaines-. Dès les premières montées, je reste coincé dans des bouchons et peine à trouver mon rythme. Je me casse la figure dans la poudreuse et subis un gros coup de mou entre St-Christo en Jarez (premier ravitaillement) et Moreau. A ce moment de la course, mon seul objectif est de finir, même en 10 h. De Moreau à Ste-Catherine, rien à dire, c'est superbe. On emprunte de beaux sentiers et de belles pistes et la neige reste confortable à courir. Malgré cela, je ne suis pas en jambes et je suis coincé au milieu d'autres coureurs eux-mêmes coincés entre eux. En clair, impossible de dépasser sans prendre des risques et certains en feront durement les frais.

Une deuxième partie où je reprends un peu du poil de la bête
, notamment à partir de Ste-Catherine (km30). J'y fais un bon ravito, je mange du salé que j'avais prévu dans mes réserves (des boules de soja déshydratées qui me permettent d'accepter le thé trop sucré et les gels vraiment très sucrés). J'arrive à reprendre 570 places de Ste-Catherine à Beaunant (km 57). Bref, à ce moment j'ai les jambes, un très bon mental, je suis porté par la course et par mes sensations. En effet, on traverse alors la partie la plus technique, le bois d'Arfeuille, on suit quelques monotraces et le peloton est étiré. La neige commence à se transformer en glace par endroits mais miraculeusement j'échappe encore à ma deuxième chute. Je positionne même la frontale en mode pleine puissance alors que depuis le départ, j'économisais les piles... Plus anecdotique, j'ai également savouré le 42196è mètre de cette course, signe que j'étais devenu officiellement un ultracoureur.

Enfin, la dernière partie, toute en volonté et détermination.
Mes temps de passage depuis Soucieu (km 45) me laissent espérer un finish en 9h environ alors qu'à St-Genoux (km 34) j'étais sur 10 h ! Donc, après Soucieu, il faut grimper et redescendre trois bossettes sur 14-15 km. Mais ça passe, et je n'ai aucun problème d'alimentation (ceci pouvant expliquer cela). Bon, je me rétame bien méchamment vers le 50è, mais je m'en remets. Puis, dans le final, c'est à dire à partir des hauteurs de Lyon et surtout le long de la Saône et du Rhône, il faut lutter évidemment contre la fatigue mais aussi contre le vent, souvent de face, toujours glacial, et les plaques de verglas de plus en plus présentes et traitresses. Je m'accroche et je décide de courir le plus possible. La fin est interminable mais tout se passe bien, je continue de dépasser des concurrents. Au final, entre Beaunant (km 57) et l'arrivée, je gagne 76 places. Je me permets même de faire un sprint de 50m pour passer sous l'arche (enfin, c'est l'impression que j'avais et quand on passe, au bout d'une nuit de course, de 9 km/h à 12-13, on a l'impression d'être Usain bolt, si-si, je le jure !).
Résultat : je finis, heureux, 1384è / 4039 en 8h55'59".
En résumé, j'ai vraiment bien apprécié cette expérience. Sans doute parce que j'ai réussi, pour une première, ma course et que je n'ai pas vraiment souffert. La neige ne m'a absolument pas gêné du tout, au contraire !

Les points négatifs que j'ai relevés : beaucoup (trop) de coureurs et à certains passages, c'est vraiment gonflant ; un accès aux ravitaillements rarement aisé : les tentes étaient gavées de monde et il fallait jouer des coudes pour se faire servir un verre de thé (c'est la seule chose que je prenais, j'étais autonome sur tout le reste) ; un speaker un peu relou ! (lui aussi avait fait le trajet entre St-Etienne et Lyon car il a lancé le départ et je l'ai reconnu à l'arrivée) ; et trop peu de monotraces (mais pas trop grave compte tenu du monde).
Pour le reste nickel ! Et beaucoup de solidarité et d'entraide entre les gens.

A noter que j'ai dépassé un mec avec qui j'ai discuté 5 minutes dans la montée de Ste-Foy-lès-Lyon qui m'a dit que cette édition était vraiment très dure, que lui l'avait déjà courue deux fois en 8h mais que là, il allait dépasser les 9h (il est vrai qu'au sommet de la côte j'ai relancé en courant et lui a continué de marcher).. Donc, je peux faire mieux dans des conditions un poil meilleures !!!

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Le site de la course : http://www.saintelyon.com

lundi 11 octobre 2010

Duathlon de Monberon, 10 octobre 2010

Voilà, j'ai réalisé, sous la pluie, mon premier duathlon sprint. C'était à Montberon, en Haute-Garonne.
Malgré la pluie, il ne faisait pas froid.

J'ai fini 60è/136 au scratch (càd avec les relais) et 54è/103 chez les individuels.

Mes temps :
- 19'53" pour les 4,8 km de càp I (moy. 14,4 km/h)
- transition I : 2'05"
- 44'30" pour les 21 km de vélo (moy. 28,3 km/h)
- transition II : 1'38"
- 12'03 pour les 2,6 km de càp II (moy. 12,9 km/h)

Total : 1h20'10".

Mon objectif était de faire moins de 1h20' !!! Je ne suis donc pas déçu car les conditions ont certainement amoindri mon résultat. Mais bon, ça fait partie du jeu.

A noter que c'est (on s'en doute) le vélo qui m'a planté car je sors 42è de la première càp et je gagne une place sur la deuxième càp. J'en ai donc perdu 19 à vélo... Rien à dire, faut que je roule !!!

jeudi 7 octobre 2010

Trail du Cassoulet


Après deux mois et demi sans compétition, ce n’est pas sans une certaine anxiété que je me présente sur la ligne de départ (enfin, un peu en retrait, comme à mon habitude) de ce trail du cassoulet, option 33 km. Car si les deux mois et demi « blancs » ne sont pas rédhibitoires en soi, ma tendinite du rotulien gauche contractée au cours de mes 8 jours de HRP et les trois semaines sans sortie du tout qui ont suivi fin août me laissent un peu dubitatifs. Si on ajoute à cela le fait que, pour le connaître, ce trail est trop roulant pour moi, je ne pars pas avec de gros objectifs.
Le temps est à la chaleur. Le vent souffle. Il fait beau, un peu trop. Le top est donné à 9h34 et l’on part pour un petit tour dans le Verfeil historique, pas celui des lotissements, mais celui de brique rouge. Quelques spectateurs nous encouragent au son des bandas. Très vite on se dirige vers l’est et le lac de Balerme par des sentiers, des pistes et très peu de goudron. Le sol est sec et ce n’est que le début. Si aucun des endroits où l’on passe ne me surprend, je n’arrive pas à anticiper le circuit. Il faut dire que l’année dernière je courais ce trail à l’agonie et le finissais en 4h17 à la 267ème place sur 316. Je m’en souviens comme d’un calvaire d’une durée infinie…
Juste avant le premier ravitaillement (env. km 9), je m’aperçois que j’ai perdu un des gels que j’avais placés dans une petite poche de mon haut. Argh, qui plus est, vérification faite, c’est le Red Tonic qui devait me faire courir comme un lapin les 3 derniers kilomètres… Je décide donc de m’arrêter à ce premier ravito alors que je ne l’avais pas prévu. Un peu de coca, de chocolat et de pain d’épices et je repars.
Peu de temps après, ce sont les intestins qui me jouent un mauvais tour m’imposant un crochet dans un bosquet accueillant. J’y pers certes un bonne minute trente mais y gagne beaucoup en légèreté !
Par moments la chaleur est assez étouffante. Moi qui préfère le froid, me voilà servi. Le vent est toujours là, qui aide bien à la déshydratation, merci ! D’ailleurs ma tendinite commence à se rappeler à mon bon souvenir.
Quelques montées et descentes et l’on rejoint le point de départ au km 14. Mon temps est de 1h27’34’’ contre 1h35 en 2009. L’amélioration attendue n’est pas exceptionnelle mais j’ai espoir de faire mieux sur la seconde partie.
Les 3 premiers kilomètres de cette seconde portion sont une alternance de montées et de descentes le long de parcelles agricoles. Les sols sont (de plus en plus) durs. Les pieds souffrent. Les chevilles sont aux aguets. Mais s’ensuit, sur environ 5 km, une portion relativement plate, le long du Ruisseau de Conné. Le franchissement de quelques ravines est acrobatique et très casse-pattes. Je n’arrive pas à allonger la foulée, le moral en prend un coup. Ma bouche est pâteuse et je ne supporte plus les gels alors que depuis 2h que je cours je n’en ai avalé que deux. Je n’attends qu’une chose, pouvoir boire simplement de l’eau pure. Les sentiers le long de ce ruisseau bordé d’arbres sont secs et inconfortables. Les traversées de bois, en zigzag, sont trop peu nombreuses pour être savourées.
Arrive enfin une pente, qui monte, vers Borde Neuve. Je retrouve quelques sensations et parviens à distancer de quelques mètres le petit peloton qui s’était formé et dans lequel je me trouvais. Un panneau nous souhaite la bienvenue en ce lieu-dit. Ce n’est pas grand’ chose mais j’en souris, ravi. Plus loin, un point d’eau nous attend. Je bois jusqu’à plus soif. Que c’est bon aussi l’eau sans sucre… A la sortie du bois, Borde Neuve nous dit « Au revoir ». On longe alors un petit lac et l’on débouche sur celui, bien plus étendu, de Laragou. Je forme avec d’autre un petit peloton et l’on parcourt cette partie, roulante, sans difficulté, qui serait monotone si le lac ne nous accompagnait pas sur ces deux kilomètres qui nous séparent du dernier ravitaillement. Là encore, la sensation de trop sucré me gêne. Je prends malgré tout une part de pain d’épices et un verre de coca. Mais impossible d’avaler le pain. J’en mange péniblement la moitié et jette l’autre, les fourmis en profiteront. De cet endroit jusqu’à Bonrepos-Riquet, je ferai route avec un coureur qui a la gentillesse de me prévenir des traitrises du parcours qu’il a reconnu peu de temps auparavant. Je l’en remercie car je commence vraiment à souffrir et ma vigilance décroit avec le temps. Je manque même par deux fois me tordre la cheville et le genou continue de me lancer. Qu’importe, je m’accroche car je sais que dorénavant le parcours est plus vallonné. Mais il reste environ 8 km. A cet instant et pendant toute la course d’ailleurs, je n’ai rigoureusement aucune idée de mon classement.
J’attends avec impatience le point d’eau de Bonrepos-Riquet. J’y arrive complètement séché. Je n’ai plus d’énergie et je n’ai aucune envie de manger quoi que ce soit. Un miracle (ou autre chose ?) s’y produit en tout cas. On m’annonce 4,3 km avant l’arrivée et je décide de tout donner. Reparti avec un concurrent, je le lâche rapidement. Puis je continue de courir, à petites foulées. Je rattrape le gars qui m’avait prévenu des risques du parcours, quelques minutes auparavant. On parle quelques secondes et il me dit d’y aller, lui est cramé. Je continue et l’encourage pour les derniers hectomètres.
Arrive alors la dernière montée vers Verfeil, depuis le Moulin de Conné. Les jambes continuent de répondre alors je cours. Tout le monde devant moi marche… Je dépasse un puis deux puis trois, quatre, cinq, six concurrents et encore d’autres. On m’annonce alors 50 mètres avant la dernière descente. J’accélère, j’accélère encore pour passer la ligne en 3h44’02’’. Mon classement final sera 67ème / 227 classés.
Je suis heureux du résultat mais complètement lessivé. Je ne perds cependant pas suffisamment ma lucidité au point de refuser les violettes offertes aux finishers !

En résumé, je trouve l’ambiance de ce trail très chaleureuse et sympathique (certains déguisements, encouragés sans doute par la promesse d’une bouteille de Fronton, sont très réussis), l’organisation parfaite (mention particulière aux bénévoles de Borde Neuve et leurs panneaux encourageants) et le parcours très beau, réunissant tout ce qui fait la typicité de ce coin de la Haute-Garonne en joignant deux lacs assez imposants, un village perché et le château Bonrepos-Riquet.
Mais, d’un point de vue personnel, il n’est pas fait moi (ou je ne suis pas fait pour lui) : il est très (trop) roulant par endroits et jamais technique. Les passages le long des champs (voire au milieu d’iceux) me sont douloureux : les appuis sont traitres, à la fois durs et retors ! La course manque aussi de dénivelé ce qui me permettrait de prendre réellement du plaisir.
Autre bémol, plus objectif celui-là, je trouve que le départ groupé des 14 et des 33 km est pénalisant pour les concurrents des deux distances compte tenu de l’étroitesse des premiers kilomètres, pas assez sélectifs. Ceux du 33, moins nombreux, peuvent parfois partir trop vite. Ceux du 14 peuvent être gênés.
Evidemment cela n’engage que moi et je conseille très largement la participation à cette course qui ne décevra personne même les plus exigeants !

mercredi 21 juillet 2010

Trail du Caroux - 30 km

Le Caroux
Seule une nuit d’avant-course un peu perturbée m’a empêché d’être pleinement satisfait de ce WE de course, car tout le reste se déroula parfaitement.
Arrivé dès le vendredi soir dans le joli hameau de Mauroul, où j’ai habité quand j’étais âgé entre 3 et 4 ans et où ma tante et mon oncle ont maintenant une très belle maison, j’ai pu profiter du temps magnifique (quoique un peu venteux samedi) et de la région pour prendre doucement la température de ce trail du Caroux, de 30 km et de 2200 m de D+, qui se déroule dans un site au profil typiquement méditerranéen.
Une bonne grasse matinée le samedi (jusqu’à 9h, quel luxe !), une sieste de 2h l’après-midi ont tôt fait de me requinquer et d’effacer les stigmates de mon ascension du Pic Badet (3160) mercredi (1500 m de D+ dont une bonne partie en piolet/crampons et parcours de crête).
Eglise de Colombières
Je pars récupérer mon dossard à 17h30 à la salle de Mons-la-Trivalle. En plus du traditionnel tee-shirt technique (très beau par ailleurs) et d’une casquette estampillée « Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc », une bouteille de blanc nous est offerte pour nous remercier de notre participation. Bouteille que je m’empresse d’ailleurs de laisser à mes hôtes, en remerciement de leur accueil.
Tour Carrée de Colombières
Il est 17h45 et, comme j’ai du temps devant moi, je décide d’aller prendre quelques photos des environs. Direction Colombières qui se situe sur le parcours au km9 et où j’ai repéré sur la carte IGN une Tour Carrée remarquable. Je me gare à l’église, en prends quelques clichés et remonte les gorges par une piste qu’empruntera l’épreuve le lendemain. Arrivé à l’endroit où la piste laisse la place à un sentier, une envie me prend : « Et si, pour me donner du courage demain, je me laissais une marque de passage ? » Et voilà comment j’ai monté un cairn que j’espère retrouver lors du trail. Je redescends vers Colombières sans oublier de photographier la fameuse Tour Carrée.
La Tour d'Olargues
Il est 19h, j’ai encore du temps devant moi d’autant que je suis seul à manger le soir. Je m’arrête donc, sur la route vers Mauroul, à Olargues où je fais mon touriste de base : vieille rue aux allures médiévales, escalier de la Commanderie et Tour. Un cliché du Caroux et de la « femme couchée » !
De retour à la maison, après avoir soigneusement préparé mes affaires pour la course (gels, barres, pain d’épices, casquettes et couverture de survie –j’applique le règlement !- dans le sac) et appris le parcours par cœur, je me cuisine un bon plat de spaghetti à l’huile d’olive accompagné de deux tranches de jambons. Pour ne pas prendre de risques, mon dessert sera composé d’un simple dessert au soja ! De l’eau accompagne le tout.
Il est 22h, au dodo. Et là, comme dirait l’autre, c’est le drame ! Impossible de m’endormir ; moi qui ai pourtant cette faculté de tomber dans les bras de Morphée dès que j’ai la tête sur l’oreiller, je tourne et tourne et tourne encore dans le lit… Je vérifie que mon réveil est bien réglé pour 5h15 et finis enfin par trouver le sommeil…
Driiinnnggg, 5h15… Je me lève pour avaler mon petit déjeuner et me recouche aussitôt pour finir ma nuit. Le vent souffle fort encore. Cela promet.
Le départ du trail est à 8h, mes affaires sont prêtes et il me faut 1/4h pour me rendre à Mons : je me lève donc finalement à 6h45 et pars à 7h05 de Mauroul. Le vent est faible, la température bien fraîche mais le soleil déjà brillant.
Sur place, il y a beaucoup de monde. Je suis surpris mais cela est confirmé lors du briefing. Sur les deux courses de 21 et 30 km, le quota des 300 concurrents est atteint. On apprend tous également que quelques plaisantins ont cru amusant de débaliser le bon chemin au col de Bartouyre pour baliser un autre itinéraire sur une centaine de mètres. Heureusement que l’organisation veillait au grain ! Mais 7 minutes sont tout de même perdues au départ…
Le départ est donc donné à 8h07 et après quelques hectomètres dans Mons, nous prenons tous la direction des gorges d’Héric pour remonter le sentier des Gardes. Il paraît que de la passerelle des Soupirs qui traverse l’Héric (200) à la table d’orientation (1037), certains ne mettent que 40 minutes. Invités par l’organisateur à nous mesurer à ce temps, je déclenche donc mon chrono à la passerelle. Le sentier est très étroit, très raide et inconfortable. Pris dans la nasse, j’ai du mal à monter à mon rythme. L’un des concurrents m’empêche même volontairement de le dépasser arguant que « ca ne sert à rien » alors que j’ai l’impression d’être davantage collé à lui que son sac à dos. Au bout de 3 ou 4 lacets, j’y parviens non sans avoir essuyé au passage un petit frottement du genou de sa part… S’il y a un esprit trail, cela doit vouloir dire aussi qu’il y a un esprit qui n’est pas trail. Je sais maintenant à quoi cela ressemble.
Mais la raideur du sentier des Gardes fait tout de même son œuvre. Le peloton s’étire et je me retrouve au sein d’un petit groupe dont le rythme me convient, qui fait le trou avec ceux de derrière et qui, au niveau où l’on sort du bois (vers 850m d’altitude), rattrape et dépasse un groupe de coureurs.
La pente s’adoucit et l’on passe la table d’orientation. Je déclenche de nouveau mon chrono : 57’ pour grimper. Sur le moment je ne sais pas quoi en penser !

Sur le plateau
Le parcours est plat et au bout du plateau du Caroux, au Roc du Boutou, les deux épreuves se séparent : pour les 21 km, retour à gauche vers le col de Douch et la descente sur Héric ; pour les 30 km, descente à droite sur Colombières.
Tout de suite cette descente se révèle être très technique et assez scabreuse. Je me sens bien, et pour une fois, je double des coureurs. Pourtant le terrain est très piégeux et sollicite énormément les articulations et les cuisses du fait des dalles inclinées et des rochers. Un balisage approximatif sous le rocher de Sarrazine (à environ 800m d’altitude) fait s’égarer temporairement quelques uns mais j’ai la chance de suivre à ce moment un gars qui connaît bien le parcours. « P#@%, en plus je le connais le coin, ya deux ans on l’a même fait sous la pluie… » marmonne-t-il.
Gorges de Colombières
Une fois traversé le Ruisseau d’Albine, la roche devient moins présente, on passe des ruines (baraque de Caylus) et, peu de temps avant Colombières, le terrain est enfin plus roulant.
Cairn du courage
Mon oncle m’avait dit la veille qu’il essaierait de venir me voir passer au village. Je lui avais annoncé que j’y serais probablement entre 9h30 et 9h45. Et il est 9h45 quand j’atteins le ravitaillement mais lui n’est pas là ! Dommage, ça m’aurait bien encouragé de le voir avant la remontée dans les gorges de Colombières.

Un point de contrôle, deux verres d’eau et je reprends la route, en alternant marche rapide et course en petites foulées. La pente est douce mais la montée est longue… Puis je retrouve l’endroit où, la veille, j’avais construit un cairn. Il y est toujours ! De bon augure…
La montée des gorges est beaucoup plus souple que le Sentier des Gardes. Deux spectateurs assis sur un beau rocher le long du chemin nous donnent à notre passage notre classement. Visiblement, je suis en 56ème position à ce moment de la course.
Je me cale dans la foulée d’un gars qui tient un bon rythme. Ensemble, on en rattrape quelques autres qui, manifestement, peinent un peu. La vue sur le ruisseau en contrebas et ses magnifiques trous me font parfois me demander pourquoi, à cet instant précis, je ne suis pas en train de me baigner…
Malgré quelques ressauts, notre progression est régulière et nous arrivons ensemble au gîte de La Fage (2h30 de course). Un gros ravitaillement nous y attend. L’odeur des saucisse est prégnante mais je résiste ! J’avais de toute façon prévu d’y changer mes gels et d’y remplir ma poche à eau. C’est chose faite et après avoir avalé une tranche de pain d’épices et bu deux verres de coca, je repars. Mon compagnon de montée suit peu après mais il ne me rattrapera pas.
La montée se poursuit plein ouest, vers le Caroux, par le GR7. Les jambes répondent et je dépasse encore quelques coureurs dont l’un perclus de crampes. Il est à l’arrêt complet.
A proximité du sommet (30' depuis La Fage), le parcours est enfin roulant et l’on peut courir. Je franchis la Tourbière de la Lande sur des caillebottis. Les coureurs que je dépasse décrochent au fur et à mesure et je me rapproche de deux autres. L’écart se resserre et j’ai encore espoir de les rattraper. On passe ainsi devant le refuge de Font Salesse pour retrouver le bord sud du plateau du Caroux et redescendre vers Rieu Tort pour le traverser (j’en profite pour me rincer le visage et me rafraîchir les bras) et reprendre par une piste d’exploitation la direction du nord et le col de Douch. C’est dans cette montée que je dépasse l’un des deux concurrents qui me devançaient depuis le début du plateau. Il est visiblement très émoussé. Je rejoins vite le deuxième, qui sera en fait la troisième féminine au général. Un temps à la suivre puis à la faveur d’un faux plat, je lui fausse compagnie et bascule seul vers le col de Douch.
Quelques spectateurs nous encouragent, c’est toujours bon.
On retrouve ici le GR7 et, pour connaître cette partie du parcours, je sais que la descente est rude jusqu’à Héric. Je la fais seul : personne ne me rejoint et au moment où j’arrive sur un concurrent, nous sommes au hameau d’Héric. Cela me fait 3h45 de course. Je bois deux verres d’eau et je repars avec un petit peloton de 5-6 personnes dont la féminine qui a visiblement fait une bonne descente (en tous cas aussi « rapide » que la mienne !).
Très vite la montée au col de Bardou fait des dégâts… Avec l’un de mes compagnons nous creusons l’écart avec le reste de notre petit groupe pour retrouver deux autres concurrents. « C’est l’Alpe-d’Huez ! » dira l’un d’eux, en référence aux nombreux lacets qui jalonnent notre chemin.
Le col est passé (4h00) et je me fais alors distancer par mon compagnon. Mais je relance et, sans le récupérer, parviens à mon tour à partir devant les autres. Je ne serai plus rejoint jusqu’à l’arrivée. Cette descente vers Mons me semble malgré tout interminable. Les genoux commencent à être douloureux. Je manque même m’éclater la malléole en roulant sur une pierre. Pourtant, je me surprends à dépasser plusieurs coureurs du 21 km.
Mais la chaleur grimpe : il est environ midi et demi et l’altitude descend irrémédiablement. A la sortie de la forêt de châtaigniers, c’est la double peine : soleil et bitume pour les ultimes hectomètres. Je reste très vigilant, je ne veux pas perdre de vue les balises : un rapide coup d’œil au pointage d’Héric me positionnait dans les 45 premiers. Avec les coureurs dépassés depuis (sans les compter), j’espère encore finir dans les 40.
Puis c’est la dernière ligne droite, une accélération et l’arrivée. J’arrête mon chrono, je marche pour récupérer et qui vois-je arriver ? Mon oncle ! Belle surprise… Il a l’air un peu impressionné et me dit que j’ai fait une bonne course : il m’annonce que je suis 40ème sur 164 partants. Je regarde mon chrono : 4h32’25”. C’est parfait pour moi, je n’espérais pas tant (enfin si, un peu, secrètement).
Mais le plus dur n’est pas passé : le speaker me voit et m’interpelle pour me poser quelques questions sur le trail. J’ai beau résister, il insiste le bougre. Je baragouine quelques mots : « Magnifique [blablabla]… Caroux [blablabla]… Tourbière [blablabla]… Parcours technique [blablabla]… Relief méditerranéen [blablabla]… Mouflons [blablabla]…Super trail [blablabla]… »
Il me remercie et je file vers la salle pour voir de quoi est composé le repas. C’est ma seule déception : de la viande et des légumes accompagnés d’une sauce grasse… Très peu pour moi !
Je rentre donc à Mauroul pour me préparer un bon repas de récupération et dormir un moment !
Un trail magnifique qui constitue pour l’instant ma plus belle course.

PS : à Colombières, mon oncle est arrivé à 9h47 et m’a donc raté de … 2 minutes !

dimanche 4 juillet 2010

Corrida de Toulouse, 10 km

Que ce modeste 10 km toulousain fut éprouvant !
D'abord par la chaleur qui régnait sur la ville rose. Plus de 25/26° en ajoutant la restitution calorifique des bâtiments, l'impression d'étouffement m'a vite gagné.
Ensuite par la fatigue accumulée ces derniers temps. En intégrant cette épreuve dans ma semaine d'entraînement, après une séance de VMA mardi soir, une séance d'une heure d'endurance à jeûn jeudi matin, une sortie longue vendredi (2h, 16 km et 700 m de D+), je savais que j'allais souffrir, mais je ne pensais pas à ce point.
Enfin par le parcours, rarement vraiment plat. Je connais bien le centre-ville de Toulouse, mais j'avais "oublié" que, en fait, ces tout petits faux plats n'avait de charme que parcourus en... marchant !
Après un court échauffement (il fait déjà tellement chaud à 20h20) de 10 minutes, je m'installe sur la ligne de départ déjà bien garnie. Mon intention est de ne pas être trop loin pour ne pas subir d'embouteillage au démarrage et virer au mieux au bout de l'avenue Alsace Lorraine. Au coup de feu, je pars vite. Quelques slaloms, quelques pas sur les trottoirs et le peloton s'étire. C'est moins le troupeau que j'imaginais et c'est de bon augure pour ce premier kilomètre. Que je boucle d'ailleurs en 4'08", un temps bien rapide pour mes modestes qualités de coureur.
D'ailleurs, je ralentis ensuite pour ne pas me mettre dans le rouge. Arrive la place Saint-Pierre et la descente vers le quai de la Daurade. Le deuxième kilomètre est assuré en 4'21" et je frise la correctionnelle en dépassant de trop près un concurrent qui manque me faire un croche-pied ! Je peste intérieurement mais plus de peur que de mal.
Le long de la Garonne, Quai des Tounis, tout va bien ou presque. Je sens que les sensations sont moyennes. Confirmation sur le chrono puisqu'il me faut 4'30" pour boucler ce troisième kilo.
Arrive ensuite toute la remontée vers la place du Capitole par la place des Carmes, la rue des Filatiers, la rue St-Rome et leurs pavés. C'est sympathique, beaucoup de monde sur les terrasses des restaurants nous encourage... C'est ma foi bienvenu : le quatrième kilomètre est un calvaire (4'48") alors que le cinquième me voit reprendre du nerf (4'07").
Le doute s'installe quand même dans ma petite tête. Je suis plutôt un coureur qui sait tenir un train et là, une telle fluctuation dans les temps de passage me laisse pantois sur les bornes... La suite du parcours me confirmera mes interrogations.
Pour la première fois sur une épreuve de 10 km, je me ravitaille. J'attrape une petite bouteille d'eau place du Capitole, m'en verse la moitié sur la tête et boit 2-3 gorgées pour me rafraîchir le gosier. C'est bon !
La suite du parcours emprunte la rue du Taur et l'on contourne par la droite la basilique St-Sernin. Au niveau de la place St-Pierre, l'itinéraire repique dans la rue Pargaminière pour revenir place de la Daurade et reprendre le parcours de la première boucle.
Je passe le sixième kilo en 3'41" !!! Impossible, c'est beaucoup trop rapide.
La borne du 7ème kilomètre m'échappe et au 8ème, mon polar m'indique 8'47" pour les deux derniers, soit 4'24"/ kilomètre.
Soit la fatigue a eu raison de moi, soit je suis aveugle mais je rate encore une borne, celle du 9 km. Pas grave, on est dans la remontée vers le capitole où se joue l'arrivée. J'accélère (enfin, j'ai l'impression) et boucle mon 10 km en 43'58" à mon chronomètre. C'est mon meilleur temps sur cette distance, mon objectif est rempli malgré la chaleur et la fatigue.
Drôles d'impressions toutefois sur ce 10000. Une sensation d'étouffement dans la ville à cause des passage dans des rues étroites aux bâtiments élevés ; des faux-plats qui cassent souvent le rythme ; un public parcimonieux mais encourageant.
Mieux en forme, j'aurais certainement beaucoup plus apprécié la course. Mais le parcours est quand même très beau.
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Mise à jour suite publication officielle des résultats : 44'13", 209/1370, 115è SE/469.

lundi 14 juin 2010

Trail des Garrigues

Voilà un trail bien sympathique. Le nom fleure bon la Provence mais on est en Midi-Pyrénées ! Et le temps de ce dimanche n'avait rien non plus de méditerrannéen... Qu'importe, j'avais coché ce rendez-vous depuis un moment sur mon agenda : passer au château de Bruniquel, ça ne se refuse pas.
Le départ est donc donné peu après les neufs coups de la cloche de Montricoux. J'opte pour un départ un peu moins prudent qu'à l'accoutumée. Après une toute petite boucle (et une toute petite pente) dans le village, nous voilà partis ensemble avec les coureurs du 13,5 km tout d'abord sur du bitume puis sur une piste et un sentier. Les 5 premiers kilomètres nous voient franchir déjà deux petites bosses. A partir de Cabéou, le sentier, en sous-bois, longe le ruisseau du même nom pour le remonter sur environ 2,2 km, à l'endroit où les deux parcours (13,5 et 27 km) se séparent. Pendant toute cette partie, je reste dans un petit groupe dont le rythme me sied bien. J'ai même l'impression qu'il est un peu rapide mais, décidé à ne rien lâcher sur ce trail, je reste au contact.
On traverse le ruisseau. La montée se fait plus rude par moments. J'accélère et lâche alors le petit groupe pour en rejoindre un autre que je ne quitterai pas jusqu'à Bruniquel. Entretemps, le tracé a repris le GR 46. Au-dessus de Borie Basse, en surplombant les gorges de l'Aveyron, on découvre plein sud les deux châteaux. La vue est magnifique. Mais la descente vers l'Aveyron est assez technique et il faut rester prudent : les cailloux roulent sous les chaussures, mais point de chute...
La traversée de l'Aveyron est une formalité puisque nous empruntons un pont. Mais on nous a réservé une petite surprise à la sortie : il faut ensuite passer sous le pont. Et pour descendre, c'est popotin vers le bas, accrochés à une bonne vieille corde ! Le récent souvenir du trail des trois rocs me revient, mais ça n'a rien à voir quand même, c'est beaucoup plus facile.
Le sentier que l'on rejoint alors suit l'affluent du Tarn pour attaquer rapidement le ressaut qui supporte les châteaux par son côté le plus abrupt. Un chemin tout en lacets nous y monte rapidement et s'ensuit une très belle descente à travers le jardin et les vieilles ruelles du village. Les marches peu régulières incitent à la prudence mais elles me rappellent les chemins muletiers cortenais alors je ne fais pas la fine bouche. Je bavarde même quelques instants avec un autre coureur : "Beau passage hein ?" "Oui, superbe. Tu sais combien de km on a parcourus ?" "Environ 16-17, reste une dizaine."
Arrive la dernière grosse difficulté de l'épreuve, la montée dans Combe Male, au sud de Bruniquel. Le sentier est confortable mais je l'avais oubliée cette grimpette. A la lecture du profil dans la salle d'inscription, je pensais qu'après la montée aux châteaux, ce serait plat jusqu'au retour. Raté, mais pas grave ! 150 m de D+ puis une belle redescente d'abord sur une belle monotrace à la végétation bien présente puis sur une piste en terre pour revenir et remonter dans Bruniquel où un gamin, sûrement bien intentionné, nous crie "plus vite !". Tout en finesse, je lui réponds "vas-y, je te regarde..."
M'enfin, les kilomètres suivants, sans être une formalité, nous mènent rapidement par de belles pistes le long de l'Aveyron retrouvé à Montricoux et l'arrivée que je franchis en 40ème position en 2h28'45".
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En résumé :
Ce que j'ai aimé dans ce trail : gérer l'inconnu (pas de parcours en ligne, pas de profil en ligne mais au départ, pas d'info sur le contenu des ravitaillements), les monotraces envahies par la végétation luxuriante de ce printemps, l'arrivée sur Bruniquel, le jardin du château, l'autonomie, les descentes rocailleuses, mon résultat.
Ce que j'ai moins aimé : gérer l'inconnu (pas de parcours en ligne, pas de profil en ligne mais au départ, pas d'info sur le contenu des ravitaillements), la balisage une ou deux fois mal placé, les deux premiers kilomètres (à l'exception du petit tour dans le village, très bien).
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Nota :
- Il était indiqué 600mD+ au départ. J'en ai comptabilisé au bas mot 750.